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Auteurs français

Jean de La Fontaine

1621 – 1695

Jean de La Fontaine, né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry et mort le 13 avril 1695 à Paris, est un poète français, le plus grand fabuliste de l’époque classique. Il est surtout connu pour ses Fables (1668-1694).

🚀 Pour aller plus loin… 🚀
Jean de la Fontaine et la fable.
De la récitation des fables.
Genres littéraires : La fable. – Le conte.

Des débuts de poète courtisan tôt compromis
Jean de La Fontaine par Hyacinthe Rigaud, en 1690.

Jean de La Fontaine par Hyacinthe Rigaud, en 1690.

Né à Château-Thierry (Champagne) où son père exerce la charge de maître des Eaux et Forêts, Jean de La Fontaine passe toute son enfance dans cette province, milieu rural et champêtre dont son œuvre, dit-on, porte la marque. Après avoir été un temps avocat, il s’installe à Paris, fréquente les salons littéraires et décide de se consacrer à la littérature. Féru d’Antiquité — il se rangera aux côtés des Anciens lors de la querelle des Anciens et des Modernes —, il publie une comédie, L’Eunuque (1654), imitée de Térence, puis un poème héroïque, L’Adonis (1658), inspiré d’Ovide ; ce dernier poème lui vaut l’admiration de Mesdames de Scudéry et de Sévigné ainsi que la protection du surintendant des Finances Nicolas Fouquet, conquis par L’Épître à l’abbesse de Mouzon (1658). Il multiplie les vers de circonstance et sacrifie à la mode des ballades, rondeaux et autres plaisirs de Cour.

En 1661, alors que La Fontaine compose Le Songe de Vaux, description poétique des splendeurs du château de Vaux-le-Vicomte, Fouquet, tout en disgrâce, est arrêté et enfermé par le roi. La Fontaine se trouve donc privé de son protecteur et poursuivi pour sa fidélité au surintendant : il regrette en effet la disgrâce royale dans L’Élégie aux nymphes de Vaux (1662) et L’Ode au roi pour M. Fouquet (1662). Il juge alors prudent de s’éloigner de la capitale, part un temps dans le Limousin et profite du voyage pour en écrire une relation en prose et en vers qu’il publiera en 1663, Relation d’un voyage de Paris en Limousin.

→ À lire : La Querelle des Anciens et des Modernes. – Les salons littéraires.

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Le retour en grâce et la maturité littéraire

De retour à Paris, la carrière de La Fontaine reprend, avec la publication de deux recueils de Contes et Nouvelles en vers (1664-1665) inspirés de Boccace et de l’Arioste, et celle, à partir de 1668, des six premiers livres des Fables choisies et mises en vers par M. de La Fontaine, dédiées au Dauphin et applaudies par Louis XIV.

Pour vivre, il se place sous la protection de la duchesse d’Orléans de 1664 à 1672, augmentant sa production de nouveaux Contes et Nouvelles (1666-1671), s’attelant aussi à la rédaction d’un récit mythologique prosodié, Les Amours de Psyché et de Cupidon (1669).

À la mort de sa protectrice, il s’installe chez son amie Mme de La Sablière, où il restera de 1673 à 1693. Le souci du prestige l’amène à diversifier son œuvre par l’ajout de poèmes religieux (La Captivité de saint Malc, 1673) et de Daphné (1674), un livret d’opéra pour Lully qu’il attaquera en 1675 dans un poème satirique, Le Florentin.

En 1678, il publie aussi le Second Livre des Fables (VII-XI), qu’il adjoint au premier dans une édition illustrée en quatre tomes. Élu à l’Académie française en 1683, succédant à Colbert, il mène une vie mondaine brillante, fréquentant les écrivains les plus renommés de son temps. Cependant, durant les deux dernières années de sa vie, il renonce à la vie mondaine, renie publiquement devant l’Académie ses Contes, volontiers licencieux, et se consacre à la méditation et à la traduction d’œuvres religieuses comme le Dies irae ou les Psaumes. C’est dans cet état d’esprit, et malgré la publication retentissante du dernier livre des Fables (XII) en 1694, qu’il meurt en 1695.

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Extrait : La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf

Empruntant à une tradition antique la forme mineure et populaire de la fable, La Fontaine en fait une pièce raffinée quoique naturelle. « La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf », fable en vers mêlés, extraite du premier livre des Fables, est traditionnelle par certains aspects (personnages d’animaux incarnant des travers humains, lexique simple, forme dialoguée, répartition entre récit exemplaire et morale explicitée), mais novatrice, malgré sa brièveté, par sa qualité narrative (vivacité, ironie, travail sur le rythme). Quant à la morale, assez banale, elle vaut surtout par le rapprochement humoristique entre la grenouille du récit et des personnages importants de la société du temps.

Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse s’étend, et s’enfle, et se travaille
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : « Regardez bien, ma sœur ;
Est-ce assez ? dites-moi. N’y suis-je point encore ?
— Nenni. — M’y voici donc ? — Point du tout. — M’y voilà ?
— Vous n’en approchez point. » La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs ;
Tout petit prince a des ambassadeurs ;
Tout marquis veut avoir des pages.

(Jean de La Fontaine, Fables, 1668, 1678 et 1694)

Bibliographie
  • Adonis (1658, publié en 1669)
  • Les Rieurs du Beau-Richard (1659)
  • Élégie aux nymphes de Vaux (1661)
  • Ode au roi (1663)
  • Fables (1668)
  • Les Amours de Psyché et de Cupidon (1669)
  • Recueil de poésies chrétiennes et diverses (1671)
  • Poème de la captivité de saint Malc (1673)
  • Nouveaux contes (1674)
  • Daphné (1674)
  • Astrée (1691)

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Citations choisies
  • Que faisiez-vous au temps chaud ?
    Dit-elle à cette emprunteuse.
    – Nuit et jour à tout venant
    Je chantais, ne vous déplaise.
    – Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
    Eh bien ! dansez maintenant. (Fables, La Cigale et la Fourmi)
  • Apprenez que tout flatteur
    Vit aux dépens de celui qui l’écoute. (Fables, Le Corbeau et le Renard)
  • La raison du plus fort est toujours la meilleure. (Fables, Le Loup et l’Agneau)
  • Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.
  • Le trépas vient tout guérir ;
    Mais ne bougeons d’où nous sommes.
    Plutôt souffrir que mourir,
    C’est la devise des hommes. (Fables, La Mort et le Bûcheron)
  • Je me sers d’animaux pour instruire les hommes.
  • Toujours un peu de faste entre parmi les pleurs. (La Matrone d’Ephèse)
  • J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique,
    La ville et la campagne, enfin tout: il n’est rien
    Qui ne me soit souverain bien,
    Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. (Psyché)
  • Gens trop heureux font toujours quelque faute. (Fables, Le Berceau)
  • Par des vœux importuns nous fatiguons les dieux.
  • L’absence est aussi bien un remède à la haine qu’un appareil contre l’amour.

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