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Alphonse de Lamartine

1790 – 1869

Vie de Lamartine
Les débuts littéraires

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Portrait d'Alphonse de Lamartine, par François Gérard (Baron), 1831.

Portrait d’Alphonse de Lamartine, par François Gérard (Baron), 1831.

dropcap]N[/dropcap]é à Mâcon le 21 octobre 1790 dans une famille de petite noblesse légitimiste sans grande fortune, Alphonse de Lamartine reçut une éducation soignée chez les jésuites. Il mena sous l’Empire la jeunesse oisive de ces royalistes intransigeants pour qui Napoléon, malgré toute sa gloire, n’était que « l’usurpateur ». Une solide éducation classique, le contact avec les réalités de la campagne, des lectures désordonnées mais abondantes, un voyage à Naples en 1811 (au cours duquel il s’éprit de celle qu’il évoqua plus tard dans Graziella) constituaient une formation qui devait lui permettre toutes les ambitions.

Mais cette âme rêveuse et mélancolique ne profita guère de la Restauration, qui lui accorda pourtant la place enviée de garde du corps du roi Louis XVIII. Ses goûts le portaient davantage vers la littérature que vers les honneurs de la cour. Il se mit à fréquenter les salons, s’essaya à quelques tragédies (Saül, 1818) et composa ses premières élégies. En 1815, pendant les Cent-Jours, il se réfugia en Savoie. En 1816, alors qu’il était en convalescence à Aix-les-Bains, sur les bords du lac du Bourget, il rencontra celle qui devint l’Elvire du Lac, Julie Charles, une femme mariée avec qui il vécut une idylle intense mais brève, puisque la jeune femme mourut de phtisie l’année suivante.

Le maître du lyrisme

En 1820, il fit paraître sous le titre de Méditations poétiques des poèmes qui le rendirent bientôt célèbre et qui sont considérés comme la première manifestation du Romantisme en France. Ces vers lyriques, évoquant les inquiétudes amoureuses et spirituelles d’une âme tourmentée, correspondaient à la sensibilité d’un public que les auteurs classiques ne satisfaisaient plus.

En menant, parallèlement, une brillante carrière de diplomate en Italie, Lamartine continua d’explorer la même veine lyrique, avec les Nouvelles Méditations (1823), la Mort de Socrate (1823) et le Dernier Chant du pèlerinage de Childe Harold (1825), qui est un hommage à Byron. Élu à l’Académie française en 1830, il connut un nouveau succès en publiant ses Harmonies poétiques et religieuses, œuvre d’un lyrisme puissant, qui révélait un poète en pleine possession de son talent.

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L’engagement politique

La révolution de juillet 1830 donna un tour nouveau à sa carrière. Par conviction légitimiste, Lamartine démissionna de son poste pour se lancer dans la politique. Sa production poétique de cette période porte la marque de ses préoccupations politiques (« Ode sur les révolutions », « Némésis »). Après un premier échec à la députation en 1831, il s’embarqua pour un long voyage en Orient (1832-1833), au cours duquel il perdit sa fille unique, Julia (Voyage en Orient, 1835).

À son retour, il fut élu député et, jusqu’en 1848, sa principale préoccupation fut de défendre à la Chambre des idées libérales et progressistes. Son activité littéraire, moins intense, se concentrait alors dans le projet d’une vaste épopée qui devait raconter « l’histoire de l’âme humaine ». Rédigés dans cette perspective, Jocelyn (1836), la Chute d’un ange (1838), et plus tard Recueillements poétiques (1839), firent de lui le chantre d’un « christianisme libéral et social ».

Soucieux de l’avenir de la France, il publia, en 1847, une Histoire des Girondins, écrite à l’usage du peuple et destinée à lui donner « une haute leçon de moralité révolutionnaire, propre à l’instruire et à le contenir à la veille d’une révolution ». L’intérêt que suscita l’ouvrage lui valut, en 1848, d’être ministre du nouveau gouvernement républicain. Toutefois, son échec face à Louis Napoléon Bonaparte à l’élection présidentielle, puis le coup d’État de 1851 mirent un point final à sa carrière politique.

Les années de misère

Il ne fut plus, dès lors, qu’un homme de lettres contraint, en raison de ses dettes importantes, à un travail forcé. Il publia à cette époque des récits qui sont autant d’épisodes autobiographiques idéalisés (Confidences, contenant l’épisode célèbre de Graziella, 1849; Raphaël, 1849 ; Nouvelles Confidences, 1851), de nombreuses compilations historiques (Histoire de la Restauration, 1851 ; Histoire des Constituants, 1853; Histoire de la Turquie, 1853-1854 ; Histoire de la Russie, 1855), des sommes littéraires (Cours familier de littérature, 1856-1869) et s’occupa surtout de la réédition de ses œuvres complètes (Œuvres complètes en 41 volumes, 1849-1850).

On trouve çà et là quelques poèmes inspirés (« le Désert », « la Vigne et la Maison »), des romans intéressants qui montrent un Lamartine romancier des humbles (Geneviève, histoire d’une servante et le Tailleur de pierres de Saint-Point, 1851), mais dans l’ensemble, le souffle de ses débuts manque à ces textes, dont l’écriture est motivée davantage par le besoin d’argent que par l’inspiration. Alphonse de Lamartine mourut le 28 février 1869, dans un oubli presque total et après avoir vendu peu à peu tous ses biens.

Méditations poétiques

Méditations poétiques : Nouvelles Méditations poétiques d’Alphonse de Lamartine – Éditeur : Le Livre de Poche.

Parues en 1820, les Méditations poétiques restent le chef-d’œuvre de Lamartine. Si la publication de ce recueil marque une date importante dans l’histoire de la poésie, puisqu’on y voit l’acte de naissance du romantisme en France, l’ouvrage reste assez conventionnel par sa forme. La versification (régulière) et le lexique (d’un registre élevé) restaient ceux du siècle précédent, mais Lamartine sut conférer à ses poèmes une musicalité particulière, une harmonie fortement évocatoire, qui est considérée, aujourd’hui encore, comme l’une des principales qualités de son œuvre.

Mais c’est bien davantage par la teneur de ses poèmes que par leur forme que Lamartine ouvrait une nouvelle ère poétique. Le succès immédiat et considérable des Méditations s’explique en effet par leur adéquation à leur époque, à l’émergence d’une sensibilité nouvelle, liée aux bouleversements de l’histoire, aux incertitudes de l’avenir et à une nouvelle vision de l’individu, perçu comme être sensible, complexe et comme centre de la représentation.

Les Méditations se présentent comme une sorte de rêverie mélancolique sur le thème de la foi et celui de l’amour. Le poète, qui parle à la première personne, évoque le souvenir de son amante perdue, qu’il appelle Elvire, et dans laquelle on s’accorde le plus souvent à reconnaître Julie Charles. Le recours au pseudonyme marque bien qu’il y a transposition des événements dans le monde imaginaire et poétique, indiquant clairement qu’il ne faut pas lire les Méditations comme un journal exactement fidèle à la réalité des faits.

Si les Méditations sont un journal, elles sont le journal d’une âme insatisfaite, qui souffre et ne trouve pas de repos. La poésie y est investie d’une fonction existentielle: elle devient le lieu de l’épanchement du Moi, d’une interrogation sur le sens de l’existence et d’une méditation sur la condition de l’Homme.

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L’un des poèmes les plus célèbres des Méditations est une élégie, « le Lac », qui fut directement inspiré par la rencontre avec Julie Charles sur les bords du lac du Bourget. Le thème dominant est la hantise du temps qui passe et qui corrompt tout ; dans un style très affectif, le poète et sa bien-aimée, à laquelle il prête sa voix, supplient le temps, la forêt, les grottes, le lac lui-même, la nature tout entière enfin, de préserver à jamais les instants de bonheur qu’ils sont en train de partager.

Bibliographie
  • Saül (1818)
  • Méditations poétiques (1820)
  • La Mort de Socrate (1823)
  • Nouvelles Méditations poétiques (1823)
  • Le dernier chant du pèlerinage d’Harold (1825)
  • Harmonies poétiques et religieuses (1830)
  • Sur la politique rationnelle (1831)
  • Voyage en Orient (1835)
  • Jocelyn (1836)
  • La chute d’un ange (1838)
  • Recueillements poétiques (1839)
  • Histoire des Girondins (1847)
  • Raphaël (1849)
  • Confidences (1849)
  • Toussaint Louverture (1850)
  • Histoire de la Restauration en huit volumes (1851)
  • Geneviève, histoire d’une servante (1851)
  • Graziella (1852)
  • Les visions (1853)
  • Histoire des Constituants (1853)
  • Histoire de la Turquie (1853-1854)
  • La vie de Mahommet(1854)
  • Histoire de la Russie (1855)
  • Cours familier de littérature (1856)
  • La Vigne et la Maison (1857)
  • L’Histoire de la révolution de 1848 (1849)
  • Le tailleur de pierre de Saint-Point (1851)

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Alphonse de Lamartine répond à la question : Qu’est-ce que l’histoire ?

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Citations choisies
  • On admire le monde à travers ce qu’on aime. (Jocelyn)
  • Toutes les grandes lectures sont une date dans l’existence.
  • Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
  • Je suis concitoyen de toute âme qui pense: la vérité, c’est mon pays.
  • Il n’y a d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé ving fois la forme de sa pensée et de sa vie.
  • L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive; il coule, et nous passons !
  • On voudrait revenir à la page où l’on aime et la page où l’on meurt est déjà sous nos doigts.
  • L’égoïsme et la haine ont seuls une patrie; la fraternité n’en a pas !
  • Le temps seul peut rendre les peuples capables de se gouverner eux-mêmes. Leur éducation se fait par leurs révolutions.
  • Dieu n’est qu’un mot rêvé pour expliquer le monde. (Harmonies poétiques et religieuses)
  • Le monde est un livre dont chaque pas nous ouvre une page. (Voyage en Orient VIII)
  • Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître ? (Méditations poétiques, VII, Le désespoir)
  • Celui qui sait attendrir sait tout. (Graziella)

Autres citations d’Alphonse de Lamartine.

Articles connexes

Suggestion de livres


Raphaël

Graziella

Voyage en Orient

Oeuvres poétiques

Méditations poétiques

Méditations et
Nouvelles
Méditations poétiques

Voyage en Orient

Athènes

Lamartine, ou, L’amour de la vie

La lumière de l’Inde


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