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Auteurs français

Charles Nodier

1780 – 1844

Le sommeil […] est l’état le plus lucide de la pensée.

(Charles Nodier)

Biographie
Charles Nodier par Paulin Guérin - Musée national du Château de Versailles

Charles Nodier par Paulin Guérin – Musée national du Château de Versailles

Écrivain français (Besançon 1780 – Paris 1844) qui a fait de son salon, à l’Arsenal, le centre de la vie littéraire à Paris (1824 à 1830) et du mouvement romantique.

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Jean-Charles-Emmanuel Nodier, dit Charles Nodier, est né à Besançon en 1780 et est mort en 1844 à Paris (à l’âge de 63 ans). Il est le fils d’un avocat.

En 1800, il vient à Paris, où il se fait connaître par des romans et des poésies, mais s’attire de fâcheuses affaires en composant la Napoléone, ode satirique contre le premier consul, et est obligé, en conséquence, de se cacher. Il obtient, cependant, sur la proposition de Jean Debry, préfet du Doubs, une chaire de littérature à Dôle, puis, par la protection de Fouché, une place de bibliothécaire à Laybach. Il vit avec joie le retour des Bourbons, et soutient chaudement leur cause dans divers journaux.

En 1824, il est nommé bibliothécaire à l’Arsenal. Il occupe cette charge jusqu’à sa mort, et son salon devient dès lors le siège de la nouvelle école romantique, avant que Victor Hugo en prenne définitivement la tête.

En 1833, il fonde avec le libraire Techener le Bulletin du bibliophile, auquel il donne régulièrement des notices jusqu’en 1843. En cette même année, il est élu membre de l’Académie Française, au siège 25 en remplacement de Jean-Louis Laya.

Charles Nodier s’est exercé dans des genres très divers : roman, histoire, poésie, critique, philologie. On remarque parmi les premiers, Le Peintre de Salzbourg, Adèle, Mlle de Marsan, Inès de las Sierras, et surtout Jean Sbogar, qui passe pour son chef-d’œuvre. Parmi ses écrits historiques, citons le Dernier Banquet des Girondins. Ses poésies ont paru en 1804 sous le titre d’Essais d’un jeune barde. Comme critique et philologue, il a publié le Dictionnaire des Onomatopées, l’Examen critique des dictionnaires de la langue française, et des Notions élémentaires de linguistique.

On trouve dans les écrits de Charles Nodier beaucoup de sensibilité, une imagination riche, mais bizarre, et un style toujours extrêmement élégant, mais un peu trop travaillé.

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Conscient de l’importance du rêve (« Le sommeil […] est l’état le plus lucide de la pensée »), il écrit des Contes où le le fantastique se mêle à l’humour et à l’émotion, comme Trilby ou le Lutin d’Argail (1822), et La Fée aux miettes (1832), où la folie des « lunatiques » apparaît comme le moyen de réunir le rêve et la réalité.

Les fantasmes de Smarra ou les Démons de la nuit (1821) illustrent bien la tentative littéraire de Nodier : montrer que nous sommes constamment entre deux mondes, dont l’un, la Terre, n’est « qu’un lieu de passage », idée qui inspirera Gérard de Nerval, les surréalistes et l’onirisme littéraire. Son intérêt pour le phénomène du rêve s’était d’ailleurs déjà manifesté dans un essai (De quelques phénomènes du sommeil, 1831), qui exerça une influence sur certains auteurs de sa génération.

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Trilby ou le Lutin d’Argail (1822)

Au retour d’un voyage en Écosse, Nodier rédige, en 1822, un conte qui emprunte son décor et ses personnages au monde légendaire d’Ossian ou de Walter Scott : Trilby ou le Lutin d’Argail.

L’histoire en est celle de l’étrange passion d’une batelière  Jeanine, pour Trilby, un lutin venu du fond des âges et qui hante sa demeure. Comme plus tard chez Nerval, l’art du conteur consiste dans ce récit à abolir les frontières entre le réel et les forces obscures, entre le songe et la lucidité  Installant ses personnages et son lecteur dans un état permanent de doute, Nodier remplit à merveille le contrat ambigu du fantastique : maintenir dans l’écriture « l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît pas que les lois naturelles, face à un évènement en apparence surnaturel. » (T. Todorov)

Bibliographie
  • 1798 : Dissertation sur l’usage des antennes dans les insectes
  • 1800 : Pensées de Shakespeare extraites de ses ouvrages
  • 1801 : Bibliographie entomologique
  • 1802 : La Napoléone, pamphlet
  • 1802 : Stella ou les proscrits, roman
  • 1803 : Le peintre de Salzbourg, journal des émotions d’un cœur souffrant, roman
  • 1804 : Prophétie contre Albion
  • 1804 : Essais d’un jeune barde, recueil de poésie
  • 1806 : Les Tristes, ou mélanges tirés des tablettes d’un suicidé
  • 1808 : Dictionnaire des onomatopées françaises
  • 1808 : Apothéoses et imprécations de Pythagore
  • 1810 : Archéologue ou système universel des langues
  • 1812 : Questions de littérature légale
  • 1815 : Histoire des sociétés secrètes de l’armée
  • 1815 : Napoléon et ses constitutions
  • 1816 : Le vingt et un janvier
  • 1818 : Jean Sbogar, histoire d’un bandit illyrien mystérieux
  • 1819 : Thérèse Aubert, roman d’amour pendant les guerres vendéennes
  • 1820 : Le Vampire, mélodrame
  • 1820 : Mélanges de littérature et de critique, 2 volumes
  • 1820 : Adèle, roman
  • 1820 : Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, avec le baron Taylor
  • 1820 : Romans, nouvelles et mélanges, 4 volumes
  • 1821 : Smarra, ou les démons de la nuit, conte fantastique
  • 1821 : Promenade de Dieppe aux montagnes d’Écosse
  • 1821 : Le Délateur, drame
  • 1821 : Bertram, ou le château de Saint-Aldobrand, tragédie
  • 1822 : Trilby ou le lutin d’Argail, conte fantastique
  • 1822 : Infernaliana
  • 1823 : Essai sur le gaz hydrogène et les divers modes d’éclairage artificiel
  • 1823 : Dictionnaire universel de la Langue française
  • 1826 : Bibliothèque sacrée grecque-latine de Moïse à saint Thomas d’Aquin
  • 1827 et 1829 : Poésies diverses
  • 1828 : Faust, drame
  • 1829 : Mélanges tirés d’une petite bibliothèque
  • 1830 : Histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux
  • 1830 : De quelques phénomènes du sommeil
  • 1831 : Souvenirs, épisodes et portraits pour servir à l’histoire de la Révolution et de l’Empire, 2 volumes
  • 1831 : Les sociétés populaires
  • 1832 : La Fée aux miettes, conte fantastique
  • 1832 : Mademoiselle de Marsan, conte fantastique
  • 1832 : Jean-François les Bas-bleus
  • 1832 : Rêveries littéraires, morales et fantastiques
  • 1832 : Souvenirs de la jeunesse
  • 1833 : Le dernier banquet des Girondins
  • 1833 : Trésors des fèves et fleurs des pois
  • 1834 : Notions élémentaires de linguistique
  • 1834 : Du langage factice appelé macaronique
  • 1834 : M. Cazotte
  • 1835 : La Péninsule, tableau pittoresque, contes en prose et en vers
  • 1835-1836 : La Saône et ses bords
  • 1836-1837 : La Seine et ses bords
  • 1837-1840 : Paris historique, 3 volumes
  • 1837 : Inès de Las Sierras
  • 1838 : Les quatre talismans et la légende de sœur Béatrix
  • Bonaventure Desperiers
  • 1839 : La neuvaine de la chandeleur et de Lydie
  • 1840 : Souvenirs et portraits de la Révolution
  • 1842 : Description raisonnée d’une jolie collection de livres
  • Stances à M. Alfred de Musset
  • 1844 : Journal de l’expédition des Portes de Fer
  • 1844 : Franciscus Columna[/column]
Citations choisies
  • Le plus grand des crimes, c’est de tuer la langue d’une nation avec tout ce qu’elle renferme d’espérance et de génie. (La Fée aux miettes)
  • Il n’y a pas de moyen plus sûr pour parvenir dans ce monde que de coucher avec la femme d’un homme puissant. (Moi-même)
  • Il y a dans le cœur d’une femme qui commence à aimer un immense besoin de souffrir. (Smarra)
  • Les hommes n’ont jamais l’air si heureux que le jour où ils abdiquent leur liberté ? (Montauban ou L’idiot)
  • Quiconque est parvenu à discerner le bien du mal a déjà perdu son innocence. (Lydie ou la résurrection)
  • Une femme qui voterait les lois, discuterait le budget, administrerait les deniers publics, ne pourrait être autre chose qu’un homme. (L’Europe littéraire)
  • Pour faire illusion aux autres, il faut être capable de se faire illusion à soi-même, et c’est un privilège qui n’est donné qu’au fanatisme et au génie, aux fous et aux poètes.
  • Le vrai bonheur est dans le calme de l’esprit et du cœur. La science consiste à oublier ce qu’on croit savoir, et la sagesse à ne pas s’en soucier. (Léviathan le long)
  • Une femme qui voterait les lois, discuterait le budget, administrerait les deniers publics, ne pourrait être autre chose qu’un homme. (L’Europe littéraire)
  • Pour faire illusion aux autres, il faut être capable de se faire illusion à soi-même, et c’est un privilège qui n’est donné qu’au fanatisme et au génie, aux fous et aux poètes.

Autres citations de Charles Nodier.

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