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Auteurs français

Michel Eyquem de Montaigne

1533 – 1593

Michel Eyquem de Montaigne, né le 28 février 1533 et mort le 13 septembre 1592 au château de Saint-Michel-de-Montaigne (Dordogne), est un écrivain français, héritier de l’humanisme, qui, dans un livre unique, les Essais, a mené à bien « le projet de se peindre » et, par-delà, celui de décrire « l’humaine condition ».

Les années de formation

MontaigneNé dans le château de Montaigne, en Dordogne, Michel Eyquem prend le nom de ce domaine quand il en hérite. Sous l’influence bénéfique d’un père qu’il affectionne, il passe une enfance heureuse au cours de laquelle il apprend le grec et le latin selon une méthode peu traditionnelle : consigne a été donnée à son précepteur et à son entourage de ne jamais lui adresser la parole autrement que dans une langue ancienne (« sans art, sans livre, sans grammaire ou précepte, sans fouet et sans larmes, j’avais appris du latin, tout aussi pur que mon maître d’école le savait », Essais, I, 26). Pensionnaire au collège de Guyenne à Bordeaux (1539 -1546), il a les meilleurs maîtres et assimile brillamment l’enseignement humaniste qui y est dispensé.

L’engagement dans la vie politique et la rencontre de la Boétie

Après avoir étudié le droit à Toulouse, il est nommé conseiller à la Cour des Aides de Périgueux (1554), puis au parlement de Bordeaux (1557). C’est dans cette ville qu’il fait la rencontre décisive d’Etienne de La Boétie, lui aussi magistrat, avec qui il noue une amitié exceptionnelle qui exercera une influence essentielle sur sa vie et sur son œuvre. Intéressé par la politique, Montaigne se rend deux fois à la cour, s’implique dans les conflits religieux de son époque, et participe au siège de Rouen (1562), par lequel les armées royales reprennent la ville aux protestants. Très affecté par la disparition de La Boétie (1563), cette « moitié » de lui-même, il décide d’écrire les Essais, initialement destinés à servir de « tombeau » à son ami et à encadrer de réflexions la publication des poésies françaises et latines du disparu.

Une retraite consacrée à l’étude et à la rédaction des Essais

Deux ans plus tard, en 1565, il se marie avec Françoise de La Chassaigne, et à la mort de son père, en 1568, hérite du domaine familial. Il décide alors de s’éloigner de la vie publique et fait aménager, dans une tour de son château, sa « librairie » (c’est-à-dire sa bibliothèque) contenant tous ses livres ainsi que ceux que La Boétie lui a légués. Renonçant en 1570 à sa charge de magistrat, il se consacre à la réflexion et à l’étude des textes anciens, notamment ceux de Sénèque et de Plutarque. C’est à cette période aussi qu’il entreprend la rédaction de ce qui sera l’œuvre de sa vie : les Essais. Il est chargé, en 1574, d’une mission auprès du parlement de Bordeaux et sert à deux reprises de médiateur entre le protestant Henri de Navarre, futur Henri IV, et le pouvoir royal. Nommé gentilhomme de la Chambre du roi de Navarre en 1577, il continue parallèlement de s’adonner à l’écriture et publie en 1580 la première édition des Essais. Victime de la « maladie de la pierre » (la gravelle), dont il a ressenti les premières atteintes en 1577, il tente, à partir de 1580, de se faire soigner dans différentes villes d’eaux de France, d’Allemagne et d’Italie. Il tire de cette expérience un Journal de voyage et surtout de nombreuses réflexions, qui nourriront ses Essais, consacrés notamment à la douleur et aux rapports qu’elle entretient avec le jugement, mais aussi à l’analyse des mœurs et des coutumes des différents peuples d’Europe. C’est à Lucques pendant l’un de ses voyages qu’il apprend qu’il est élu maire de Bordeaux. Rentré en France à la demande d’Henri III, il exerce cette fonction de 1581 à 1585, s’en acquitte avec la plus grande conscience, mais abandonne cette charge au moment où une épidémie de peste se répand dans la région, l’obligeant même à fuir son domaine. En 1588, il se rend à Paris pour faire paraître la seconde édition des Essais, apportant plus de six cents ajouts au corpus existant ainsi qu’un troisième livre. Il est embastillé par le parti de la Ligue, puis immédiatement libéré sur l’ordre de Catherine de Médicis et du Duc de Guise. C’est aussi à Paris qu’il rencontre Marie de Gournay, qui deviendra sa fille d’adoption. C’est elle qui fera paraître une édition posthume des Essais, en 1595, trois ans après sa mort. Cette édition, fondée sur les annotations manuscrites de l’auteur, est appelée « l’exemplaire de Bordeaux ».

Bibliographie
  • Journal de voyage (1580-1581, découvert au XVIIIe siècle et publié en 1774)
  • Essais (1580, 1588, 1595)

📽 15 citations choisies de Montaigne

Citations choisies
  • Sans art, sans livre, sans grammaire ou précepte, sans fouet et sans larmes, j’avais appris du latin, tout aussi pur que mon maître d’école le savait. (Essais)
  • Si l’on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant: « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ». (Essais)
  • Car je fais dire aux autres ce que je ne puis si bien dire tantôt par faiblesse de mon langage, tantôt par faiblesse de mes sens. Je ne compte pas mes emprunts, je les pèse. (Essais)
  • Fi de l’éloquence qui nous laisse envie de soi, non des choses. (Essais, Livre I)
  • Je ne peins pas l’être. Je peins le passage: non un passage d’âge en autre […] mais de jour en jour, de minute en minute (Essais, III, 2).
  • On nous apprend à vivre quand la vie est passée. (Essais, I, 26)
  • La plus subtile folie se fait de la plus subtile sagesse. (Essais, II, 12)
  • Puisque je ne suis pas capable de choisir, je prends le choix d’autrui. (Essais, II, 12)
  • Les plus belles âmes sont celles qui ont plus de variété et de souplesse. (Essais III, 3)
  • Que cette raison universelle et naturelle chasse de nous l’erreur et l’étonnement que la nouvelleté nous apporte.
  • La menterie seule, et un peu au-dessous l’opiniâtreté, me semblent être celles desquelles on devrait à tout instant combattre la naissance et le progrès.
  • Le vrai miroir de nos pensées est le cours de nos vies.
  • Plusieurs choses nous semblent plus grandes par imagination que par effet. (Essais II, 6)

 Autres citations de Montaigne.

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