Sophie Rostopchine, Comtesse de Ségur

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Sophie Rostopchine, Comtesse de Ségur

1799 – 1874

Notice biographique

Sophie Rostopchine, dite la Comtesse de SégurNée à Saint-Pétersbourg le 1er août 1799, Sophie Rostopchine est la fille du comte Rostopchine, lequel, ministre du tsar et gouverneur militaire de Moscou lors de l’entrée des troupes de Napoléon Ier, le 14 septembre 1812, se vanta d’avoir incendié la ville. Disgracié par Alexandre Ier, il se réfugie en France (avant de retourner en Russie où il meurt en 1826, après avoir participé, aux côtés du tsar, au Congrès de Vienne). Sophie, qui l’a suivi dans son exil, épouse Eugène de Ségur, l’un des pages de Napoléon, en 1819.

Délaissée par un mari volage, fatiguée par de nombreuses maternités, elle passe une grande partie de sa vie dans sa propriété de Nouettes (Orne), qui servira de cadre à nombre de ses livres. En 1854, Gaston, son fils aîné, devient prêtre et la convertit au catholicisme. Pour ses petits-enfants, elle s’amuse à écrire des romans moraux, composés de saynètes, inspirés de la vie quotidienne dans de « bonnes familles ».

À la même époque, Louis Hachette crée une collection destinée à l’enfance, La Bibliothèque rose, et cherche des auteurs de talent. Sur l’intervention du journaliste Louis Veuillot, chef de file des catholiques ultramontains, la comtesse de Ségur accepte que soient publiés les récits destinés à ses seules petites-filles.

Le succès est immédiat. La comtesse ne cesse d’écrire. Les Petites Filles modèles (1858), Les Vacances (1859), Les Mémoires d’un âne (1860), les Malheurs de Sophie (1864), L’Auberge de l’ange-gardien, Le Général Dourakine (1866)… Gustave Doré illustre ses Nouveaux Contes de fées. Ses derniers romans, Le Mauvais Génie, Après la pluie le beau temps, La Fortune de Gaspard (1871)… s’adressent à un public moins tendre.

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Une nouvelle carrière s’est ouverte à cette femme amère et maladive. Jusqu’à sa mort, en 1874, elle écrit une vingtaine de romans pour enfants, trois volumes d’instruction religieuse, et un livre de remèdes et de conseils d’hygiène à l’usage des nourrissons, devenant pour postérité, avec Jules Verne, l’un des plus grands écrivains de littérature enfantine

Ses romans, composés de dialogues au ton alerte, et naturels, avec leurs personnages vivants, ont séduit des générations entières. Certes, la morale et l’ordre social défendus ont beaucoup évolué. Certains critiques ont tenté d’expliquer l’œuvre, et le succès de la « divine comtesse » par la psychanalyse : revanche d’une aristocrate russe fourvoyée dans un pays en proie à la révolution industrielle, et qui prône un ordre social figé, très conservateur, revanche d’une femme bafouée (les filles ont, dans ses romans, meilleur rôle que les garçons, les hommes y apparaissent rarement, et y sont faibles, ou ridicules, comme le général Dourakine…). Des exégètes ont même discerné des tendances sadomasochistes dans le comportement de ses héros… Ce qui n’enlève rien au plaisir de la lecture des adultes, car la comtesse de Ségur doit aussi être considérée comme un auteur classique, même si ses héros sont pour la plupart du temps des enfants.

Il faut, pour pleinement apprécier ses romans, les replacer dans leur contexte – la société aristocratique du Second Empire. Les héros y ont des caractères simplifiés, et évoluent dans un monde où bons et méchants sont immédiatement identifiables, et où les premiers, tôt ou tard, l’emportent sur les seconds. Quoi de plus frais, et de plus rassurant, pour un jeune lecteur ?

Gros plan sur les Malheurs de Sophie et les Petites Filles modèles

On retrouve, dans Les Malheurs de Sophie et Les Petites Filles modèles, les mêmes personnages (directement inspirés par les petits-enfants de la comtesse), autour de cette pauvre Sophie, inventive et fantasque, qui donne des bains de soleil à sa poupée de cire, ou fait le thé pour ses cousins en prenant l’eau dans l’écuelle du chien… Ces deux titres sont parmi les plus célèbres de la comtesse de Ségur, et restent toujours parmi les plus grands succès de la littérature enfantine : petits et grands y retrouvent, depuis plus d’un siècle, dans un style aussi limpide que vivant, et avec une grande vérité, l’insouciance, la fraîcheur et le charme de l’enfance.

→ À lire : Gros plan sur Les Malheurs de Sophie (1864). – L’enfance et la littérature.

Bibliographie

Romans

  • 1856 :  Les Nouveaux Contes de fées : recueil de contes dont « Histoire de Blondine, de Bonne-Biche et de Beau-Minon » , « Le bon petit Henri », « La petite souris grise » et « Ourson »
  • 1858 : Les Malheurs de Sophie
  • 1858 : Les Petites Filles modèles
  • 1859 : Les Vacances
  • 1860 : Mémoires d’un âne
  • 1861 : Pauvre Blaise
  • 1862 : La Sœur de Gribouille
  • 1862 : Les Bons Enfants
  • 1863 : Les Deux Nigauds
  • 1863 : L’Auberge de l’Ange gardien
  • 1863 : Le Général Dourakine
  • 1864 : François le bossu
  • 1865 : Un bon petit Diable
  • 1866 : Comédies et proverbes : recueil de nouvelles dont « Les caprices de Gizelle », « Le dîner de Mademoiselle Justine », « On ne prend pas les mouches avec du vinaigre », « Le forçat, ou à tout péché miséricorde » et « Le petit De Crac »
  • 1865 : Jean qui grogne et Jean qui rit
  • 1866 : La Fortune de Gaspard
  • 1867 : Quel amour d’enfant !
  • 1867 : Le Mauvais Génie
  • 1868 : Le Chemineau
  • 1871 : Après la pluie, le beau temps

Œuvres didactiques

  • 1855 : La Santé des enfants, un livre de pédiatrie de conseils médicaux
  • 1857 : Livre de messe des petits enfants, chez Douniol éd., réédité en 2012 par St JUDE éd.
  • 1865 : L’Évangile d’une grand-mère
  • 1867 : Les Actes des Apôtres (du nom d’un chapitre de la Bible : Actes des Apôtres)
  • 1869 : La Bible d’une grand-mère

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