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Auteurs français

Eugène Labiche

1832 – 1885

La vérité habite un puits, mais sans les porteurs d’eau, elle y resterait.

(Eugène Labiche, Le Misanthrope et l’auvergnat)

Eugène Martin Labiche (1815-1888) est un dramaturge français, auteur de très nombreux vaudevilles et comédies à succès durant le second Empire. Il a été élu membre de l’Académie française en 1880 au fauteuil 15, à la suite du journaliste Ustazade Silvestre de Sacy.

Un auteur efficace et honoré
Photographie d'Eugène Labiche par Félix Nadar.

Photographie d’Eugène Labiche par Félix Nadar.

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Né à Paris un 6 mai 1815, Eugène Labiche est le fils d’un industriel enrichi. Après des études de droit, le nécessaire voyage en Italie d’une jeunesse libérale et des débuts comme journaliste à la Revue du théâtre, il accède au succès en proposant à diverses scènes parisiennes ses pièces comiques, souvent courtes, et qui, au départ, relèvent du genre du vaudeville (Monsieur de Coyllin, ou l’homme infiniment poli, 1838 ; Embrassons-nous, Folleville, 1850).

Qu’est-ce que le vaudeville ?

Désireux cependant d’accéder à la « grande comédie », Labiche écrit, à partir d’Un chapeau de paille d’Italie (1851), de plus en plus souvent des comédies de mœurs ou de caractères en cinq actes. Ayant ainsi trouvé sa formule (montrer les mésaventures conjugales, sociales, financières, d’un bourgeois enrichi à la bêtise crasse), Labiche multiplie les créations ; l’Affaire de la rue de Lourcine (1857), le Voyage de Monsieur Perrichon (1860), la Poudre aux yeux (1861), la Cagnotte (1864), Célimare le bien-aimé (1863), et bien d’autres, puisqu’il est l’auteur, seul ou avec des collaborateurs, de plus de cent soixante-dix pièces.

Avec ces œuvres des années 1860, il obtient, outre un succès public jamais démenti, la reconnaissance sociale : après le théâtre du Palais-Royal, le théâtre du Gymnase, les Variétés ou les Bouffes-Parisiens, Labiche voit jouer ses pièces à la Comédie-Française à partir de 1864, puis est élu, en 1880, à l’Académie française.

La comédie des bourgeois

La mécanique comique, chez Labiche, repose essentiellement sur l’exploitation toujours joviale, souvent acerbe, des clichés verbaux, intellectuels et moraux de la bourgeoisie industrielle toute-puissante dont il est issu, et pour laquelle il écrit. Qu’il s’agisse de vaudevilles en un acte ou de longues comédies plus structurées, c’est toujours la bêtise vaniteuse du « philistin » que les dialogues, les multiples rebondissements et les quiproquos visent à souligner et à fustiger. Pièce célèbre et caractéristique des procédés de l’auteur, le Voyage de Monsieur Perrichon met en scène un représentant de cette bourgeoisie triomphante, le carrossier Perrichon, inculte et vaniteux, empêtré dans ses prétentions intellectuelles et mondaines. Malmené par les péripéties fâcheuses d’un voyage familial en Suisse, manipulé allègrement par un jeune homme qui prétend épouser sa fille, Perrichon est le produit par excellence de l’ordre bourgeois posé comme absolument nécessaire et inamovible, qui fossilise les idées comme les sentiments, les êtres comme leur langage.

Un théâtre féroce

Le propre de cette dramaturgie est ainsi de teinter toujours de cruauté la légèreté joviale du vaudeville. L’ambivalence naît d’un usage constant de la citation ironique et d’un regard sur le monde bourgeois aussi aigu qu’éminemment satirique. C’est ce regard que choisissent aujourd’hui de valoriser les metteurs en scène : si Labiche est un initiateur important du théâtre de boulevard, son sens de la critique féroce et de l’absurde ouvrent aussi la voie au théâtre du XXe siècle.

Le Voyage de Monsieur Perrichon

Eugène Labiche, Le Voyage de M. Perrichon, 1860. Poche: 92 pages. Editeur : Librio (2010). Collection : Librio.

Le Voyage de M. Perrichon est une comédie en quatre actes d’Eugène Labiche et Édouard Martin, représentée pour la première fois le 10 septembre 1860 au théâtre du Gymnase, à Paris.

Cette comédie de 1860 est l’un des chefs-d’œuvre du théâtre comique français. C’est aussi la première pièce connue qui soit consacrée au tourisme, aux chemins de fer et à la montagne. Une famille se rend à Chamonix. Le père est un bourgeois, cousin des héros d’Offenbach, de Meilhac et Halévy. Sa fille est courtisée par deux rivaux. La classique comédie amoureuse a donc pour toile de fond les affres des voyages, les aventures à la gare et le tourisme alpestre. La peinture psychologique de ce M. Jourdain à la Mer de glace restera célèbre : M. Perrichon se prend d’affection pour ceux à qui il rend service et de haine pour celui qui lui sauve la vie : « Un imbécile est incapable de supporter longtemps cette charge écrasante qu’on appelle la reconnaissance. »

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Un Chapeau de paille d’Italie

Eugène Labiche, Un Chapeau de paille d'Italie, 1851. Poche: 272 pages. Editeur : Larousse (2012). Collection : Petits Classiques Larousse.Un Chapeau de paille d’Italie est une comédie en 5 actes, représentée pour la première fois à Paris au Théâtre du Palais-Royal le 14 août 1851. La pièce est écrite en collaboration avec Marc-Michel et publiée aux éditions Michel Lévy frères.

Le jour de ses noces, la vie de Fadinard bascule dans le cauchemar. Lui qui rêvait en se mariant d’une vie paisible et sans éclat se trouve précipité dans un tourbillon de quiproquos et de scandales. Cette comédie au rythme endiablé constitue sans nul doute le « couvre-chef-d’œuvre » de Labiche !

📽 15 citations choisies d’Eugène Labiche

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Citations choisies
  • La vérité habite un puits, mais sans les porteurs d’eau, elle y resterait. (Le Misanthrope et l’Auvergnat)
  • Avant d’obliger un homme, assurez-vous bien d’abord que cet homme n’est pas un imbécile. (Le Voyage de Monsieur Perrichon)
  • Elle respirait l’honnêteté… Seulement elle avait la respiration très courte. (Faut-il le dire)
  • Les hommes ne s’attachent point à nous en raison des services que nous leur rendons, mais en raison de ceux qu’ils nous rendent. (Le Voyage de Monsieur Perrichon)
  • Mais si on disait toujours la vérité, dans le monde… on passerait sa vie à se dire des injures… (Le Misanthrope et l’Auvergnat)
  • Les paroles d’honneur… c’est comme la neige… ça fond devant le soleil !… (Le Misanthrope et l’Auvergnat)
  • Ah ! Les hommes ne savent pas aimer ! (Le Plus Heureux des Trois)
  • Le dévouement est la plus belle coiffure d’une femme. (Un chapeau de paille d’Italie)
  • Il y a des circonstances où le mensonge est le plus saint des devoirs. (Les Vivacités du capitaine Tic)
  • Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout ; les malchanceux, ceux à qui tout arrive.
  • Un égoïste est incapable d’aimer un ami ; mais il ne peut se passer d’amis : il ne s’aimerait jamais assez à lui tout seul.

Autres citations d’Eugène Labiche.

Articles connexes

Suggestion de livres


Le Voyage de Monsieur Perrichon

Un chapeau de paille d’Italie

L’Affaire de la rue de Lourcine

La Grammaire

Théâtre, tome 1

Théâtre, tome 2

La Cagnotte

Le Major Cravachon et autres pièces


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