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Auteurs français

Nicolas Boileau

1636 – 1711

Homme de loi

Portrait de Nicolas Boileau.Nicolas Boileau-Despréaux, dit Nicolas Boileau, est d’origine parisienne : son père, qui exerce les fonctions de greffier an Parlement, est un représentant typique de la petite bourgeoisie parlementaire. Après avoir étudié quelque temps la théologie, Boileau s’initie au droit. Peut-être subit-il l’influence parternelle. En fait, il suit une voie empruntée par de nombreux futurs écrivains de l’époque : l’apprentissage de l’argumentation et de l’art oratoire semble alors constituer une bonne initiation à la littérature. En 1656, le voici avocat. Il ne le restera pas longtemps : dès l’année suivante, il abandonne cette profession, après avoir recueilli le solide héritage que lui laisse son père.

Homme de lettres

Boileau peut alors se consacrer en toute quiétude à la littérature. Il fréquente les grands écrivains de son temps, hante les salons à la mode. Il écrit beaucoup, lit en public ses compositions. Dans un premier temps, il se dispense de les faire publier : ce n’est qu’en 1666 que paraît sa première œuvre, les Satires. Jusqu’en 1684, les publications se succéderont. Les différents livres des Satires, des Épîtres, de l’Art poétique et du Lutrin s’accumuleront. Les jugements portés sur la littérature se préciseront : peu à peu, Boileau apparaîtra comme le grand législateur du classicisme.

Homme de cour

Dans le même temps, Boileau essaie de se faire une place à la cour. Il y réussit, et gagne bientôt les faveurs du roi : ses efforts pour établir les règles de l’écriture ne vont-ils pas dans le sens de la volonté de Louis XIV de tout régler, de tout normaliser ? Dès 1674, Louis XIV lui accorde une pension de deux mille livres. En 1677, il le désigne, au côté de Racine, comme historiographe, fonction qui consistait à élaborer une histoire officielle des événement contemporains. En 1684, il le fait élire à l’Académie française.

Homme de foi

Après 1684, l’activité littéraire de Boileau se réduit considérablement. Il publie encore quelques Épîtres et quelques Satires. Lors de la querelle des Anciens et des Modernes, il intervient et se pose en ferme défenseur des auteurs de l’Antiquité. Mais son intérêt se tourne désormais vers la religion. Acquis aux idées jansénistes, il s’élève violemment contre le laxisme des jésuites. C’est donc en homme de foi qu’il meurt à Paris à l’âge de soixante-quinze ans.

Gros plan sur les Satires (1666-1716)

Une partie importante de l’œuvre de Boileau est d’inspiration satirique. Reprenant la tradition antique qui avait déjà influencé Régnier au début du XVIIe siècle, Boileau s’attaque aux vices et aux ridicules de son temps.
Si son expression manque souvent de poésie, elle possède des qualités indéniables de verve et de violence et joue habilement sur les effets de contraste : Boileau s’amuse, en particulier, à parodier le style épique, en l’appliquant à des sujets prosaïques, selon les procédés de ce qu’on appelle l’héroï-comique.

Cet esprit se développe plus particulièrement dans les Satires : au nombre de douze, elles furent composées de 1665 à 1705 et publiées de 1666 à 1716. En près de quarante ans de rédaction, l’évolution est apparente: de la dénonciation des ridicules des comportements, Boileau passe à une réflexion plus profonde sur l’homme, pour enfin aborder les problèmes religieux.

Gros plan sur les Épîtres (1670-1698)

Avec les Épîtres, Boileau, cet inconditionnel des Anciens, reprend la tradition de la lettre littéraire que les auteurs de la Rome antique utilisaient pour livrer leur avis ou leur impression sur les sujets les plus divers. Il y prolonge la tonalité satirique. Souvent violente, comme dans l’Épître II qui dénonce la manie des procès ou dans l’Épître XII qui, à nouveau, s’en prend aux jésuites, la satire est parfois plus légère, plus diffuse, comme dans l’Épître VI qui fait l’éloge du calme de la campagne et déplore l’agitation de la ville.

Gros plan sur l’Art poétique (1674)

C’est dans l’Art poétique que figure l’essentiel du message critique de Boileau. La construction de cet ouvrage est rigoureuse et symétrique. Les chants I et IV sont consacrés à des considérations générales : le chant I définit les grandes règles de l’écriture, tandis que le chant IV analyse le comportement de l’écrivain. Ils encadrent les chants II et III qui contiennent des études plus particulières : le chant II se penche sur les formes littéraires mineures, comme l’ode ou le sonnet, et le chant II envisage les grands genresla tragédie, l’épopée, la comédie.

Boileau et la critique littéraire

La satire est au centre de l’œuvre de Boileau. Mais il s’est intéressé à un autre domaine, tout aussi important et qui a grandement contribué à sa réputation, celui de la critique littéraire. Il est resté comme le législateur du classicisme. Il n’est pas l’inventeur, loin de là, de la doctrine, mais il a eu le mérite d’en codifier les règles. Dans une grande partie de son œuvre, il se consacre à cette tâche, prodigue ses conseils, dégage les impératifs à respecter. C’est un véritable art d’écrire qu’il propose. C’est le théoricien qui apparaît alors. Mais il se souvient aussi de ses talents de satirique qui éclatent dans la violence des reproches ou dans la dénonciation des fautes de style et de goût.

Bibliographie
  • Satires (1666-1716), poèmes
  • Épîtres (1670-1698), poèmes
  • Art poétique (1674), poème
  • Le Lutrin (1674-1683), poème héroï-comique

Citations choisies
  • Rien n’est beau que le vrai : le vrai seul est aimable. (Epîtres)
  • Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible. (Satire VIII)
  • Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ;
    Polissez-le sans cesse et repolissez. (l’Art Poétique)
  • L’Académie en corps a beau le censurer,
    Le public révolté s’obstine à l’admirer. (Satire IX)
  • Il change à tous moments d’esprit comme de mode ;
    Il tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc :
    Aujourd’hui dans un casque et demain dans un froc. (Satire VIII, l’Homme)
  • Aimez qu’on vous conseille, et non pas qu’on vous loue. (l’Art Poétique)
  • Pour me tirer des pleurs, il faut que vous pleuriez. (l’Art Poétique, chant III)
  • Ami de la vertu plutôt que vertueux. (Épître X ; à mes vers)
  • Le plus sage est celui qui ne pense point l’être. (Satire IV, à M l’abbé Le Vayer)
  • Aimez donc la raison; que toujours vos écrits
    Empruntent d’elle seule et leur lustre et leur prix. (l’Art Poétique)
  • Avant donc que d’écrire, apprenez à penser. (l’Art Poétique)
  • Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses moeurs. (l’Art Poétique)
  • Enfin Malherbe vint, et, le premier en France,
    Fit sentir dans les vers une juste cadence. (l’Art Poétique)
  • Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème. (l’Art Poétique)
  • L’ignorance toujours est prête à s’admirer. (l’Art Poétique)
  • Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.

 Autres citations de Nicolas Boileau.

Articles connexes

Suggestion de livres

Art poétique

Œuvres Complètes, Vol 1

Œuvres, Vol 2

Œuvres complètes, Vol 3

Satires, épîtres, art poétique

Œuvres Poétiques

Un faux classique.
Nicolas Boileau: études littéraires,
comparées

Lettres d’une amitié
– Correspondance 1687 – 1698



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