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Auteurs français

Pierre de Ronsard

1524-1584

Présentation

Pierre de Ronsard, né en septembre 1524 au château de la Possonnière, près du village de Couture-sur-Loir en Vendômois, et mort le 27 décembre 1585, est poète et courtisan français, salué par les cours et les humanistes européens de la Renaissance comme le successeur d’Homère en France. Initiateur de la Brigade (future Pléiade), il domine le monde poétique de son époque par sa production aussi abondante que variée. On en retient généralement les divers sonnets amoureux et les discours philosophiques.

« Je suis Ronsard et que cela te suffise »
Portrait posthume de Ronsard par l'École de Blois (vers 1620), représenté de façon anachronique avec une barbichette en pointe.

Portrait posthume de Ronsard par l’École de Blois (vers 1620), représenté de façon anachronique avec une barbichette en pointe.

Fils cadet d’un hobereau vendômois au service de François Ier, le jeune Pierre, comme la plupart des fils de la petite noblesse de province est destiné aux carrières de l’État.

Après quelques années de préceptorat et un bref passage au collège de Navarre dont il est renvoyé pour immaturité (1533), il intègre l’école des pages à douze ans, afin d’y recevoir les enseignements militaires. Il est alors mis à la disposition de la famille royale, accompagnant ainsi Jacques V et son épouse en Écosse (1535-1537 ; 1539-1540), de Baïf l’emmène enfin en Alsace pour une mission diplomatique. C’est une longue fièvre – dont les suites le laissant à demi sourd lui interdisent désormais les fonctions militaires – qui lui permet de reprendre ses études de lettres (1543) et de se faire conférer la tonsure, gage de revenus constants.

En 1544, il rejoint le collège parisien humaniste de Coqueret avec son ami Jean Antoine de Baïf afin d’y compléter ses connaissances des langues et des grands textes anciens sous la direction de l’érudit Jean Dorat. En même temps, avec ses condisciples, parmi lesquels Joachim Du Bellay et Jacques Peletier du Mans, il forme un groupe de travail – baptisé « la Brigade » (future Pléiade) – dont les efforts et le projet ambitieux de « rénover la poésie française et de créer une langue nationale » se traduiront par la publication, en 1549, de la Défense et Illustration de la langue française de Du Bellay suivant les expéditions de Charles d’Orléans (1538-1539).

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Les exploits de l’esprit
Le Pindare français

Si Ronsard publie son premier poème dans l’édition des Œuvres poétiques de Jacques Peletier, en 1547, et rédige divers épithalames en l’honneur de princes et de princesses ou quelques entrées royales, il fait véritablement son entrée sur la scène poétique en 1550, alors que paraissent ses quatre livres d’Odes pindariques.

Ce recueil de pièces, que suit le Bocage (qui deviendra le Bocage royal en 1584) et qui, sur des rythmes variés, chante aussi bien les grands personnages que la vie privée, illustre la verve lyrique du poète qui souhaite redonner à la poésie la fonction encomiastique (de célébration) et divine qu’elle a héritée de l’Antiquité. L’ouvrage reçoit une suite – le Cinquiesme Livre des Odes – en 1552, et connaîtra plusieurs remaniements jusqu’en 1584.

Le poète de l’amour

Quand en 1552, paraît le recueil des Amours (qui correspond aux seules Amours de Cassandre dans l’édition de 1560), collection de sonnets et de chansons aux thématiques amoureuses platonisantes héritées du pétrarquisme et dédiés à Cassandre, première inspiratrice des passions impossibles relatées dans les canzoniere amoureux de Ronsard, le poète est déjà attelé à la rédaction du Livret des Folastries (suite de poèmes légers et gaillards qu’il publiera en 1553) et de la Franciade qui constitue son « grand œuvre » et qui, dès lors que le projet d’écrire « l’épopée de la grandeur de la France » sera approuvé et commandé par le roi Henri II, ne quittera plus jamais ses tablettes. Suivent, en 1554, une nouvelle édition du Bocage et la publication des Meslanges, poèmes descriptifs de longueurs variables qui renouvellent le genre du blason marotique. En 1555 et 1556, outre les éditions remaniées des Odes et des Meslanges, Ronsard publie successivement la Continuation des Amours et la Nouvelle Continuation des Amours, où il continue de célébrer le sentiment amoureux. En s’adressant à Marie l’Angevine, ce recueil lui permet d’expérimenter son principe de la variété, en utilisant « une ryme plus basse » qui substitue au style « élevé » des premières Amours une inspiration plus quotidienne et une poésie plus simple. Il s’illustre encore dans le genre de la poésie de célébration et fait paraître deux livres d’Hymnes (1555-1556), longue suite de poèmes allégoriques et mythologiques à la gloire des héros du monde et de la nature.

Les années de gloire du poète-courtisan

En 1559, après une longue retraite en Vendômois, il est nommé conseiller et aumônier du roi en remplacement de Mellin de Saint-Gelais. Commencent pour lui les années de gloire et le statut de poète-courtisan. Se faisant le porte-parole de la politique du roi Henri II d’abord, puis de Charles IX, il écrit de nombreux poèmes officiels et de circonstance dont l’Institution pour l’adolescence du roi Charles IX (1561).

Quand en 1562, les premiers troubles religieux éclatent en France, Ronsard fait part de son talent de polémiste. Il écrit en effet (même si un bon nombre d’entre eux sont publiés anonymement) un certain nombre de discours au ton satirique et vindicatif sur les affaires du pays, en particulier le Discours des misères de ce temps et sa Continuation (1562), la Remonstrance au peuple de France (1563) ou encore la Responce aux injures et calomnies des ministres de Genève (1563), rédigé contre les pamphlets que les protestants genevois ont publiés à son encontre.

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Entre 1564 et 1565, Ronsard accompagne le tour de France entrepris par la reine Catherine de Médicis et son fils Charles IX. S’ensuit l’écriture de vers pour les fêtes que la cour donne dans les diverses villes où elle fait étape. Beaucoup d’entre eux prendront place dans les Elégies, mascarades et bergeries (1565). Ronsard ne termine pas le voyage et se retire dans le prieuré de Saint-Cosme-lez-Tours que son frère vient de lui céder.

La retraite

C’est à partir de ce moment qu’il partage son temps entre Paris et Saint-Cosme, alternant les moments de sociabilité courtisane et les périodes d’écriture. Il travaille en effet à la seconde édition collective de ses Œuvres en six tomes (1567 ; la première date de 1560) et à la rédaction de deux livres de Poèmes divers (1569). Jusqu’à sa parution en 1572, Ronsard, par ordre du roi, se consacre ensuite essentiellement à sa Franciade. Même si, par deux fois, il renoue avec ses variations sur l’inspiration amoureuse, en publiant en 1574 le tombeau Sur la mort de Marie (de Clèves) – intégré aux Amours dans l’édition des œuvres complètes de 1578 -, et en 1578, les Sonnets pour Hélène (de Surgères), qui accomplissent la sublimation de la femme en déesse, l’échec relatif de sa grande épopée le détourne de l’écriture et l’incite, soucieux de sa gloire future, à entreprendre un grand chantier : l’agencement de toute sa production en plusieurs tomes.

« Je suis le trafiqueur des Muses »

À partir de 1560, en effet, les éditions se succèdent. Les plus importantes sont la première édition, qui comporte quatre volumes comprenant les Amours, les Odes, les Poèmes et enfin les Hymnes, la cinquième, qui y ajoute notamment en 1578 les pièces Sur la mort de Marie, les Sonnets pour Hélène, les Discours et la Franciade, la sixième (1584), la plus fidèle à ses volontés, qui présente les derniers remaniements effectués avant sa mort en décembre 1585. Suivent deux éditions posthumes en 1586 et 1587.

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Bibliographie
  • Odes (1550-1552)
  • Les Amours de Cassandre
  • Le bocage royal (1554)
  • Hymne de Bacchus
  • Les Hymnes (1556)
  • Poèmes (1560-1573)
  • La Franciade (1572)
  • Discours des misères du temps (1562)
  • Amours de Marie (1555)

Citations choisies
  • La Poésie n’était au premier âge qu’une Théologie allégorique, pour faire entrer au cerveau des hommes grossiers par fables plaisantes et colorées les secrets qu’ils ne pouvaient comprendre.
  • Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
    Assise auprès du feu, dévidant et filant,
    Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant,
    Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. (Sonnets pour Hélène)
  • Un Prométhée en passions je suis. (Amours de Cassandre, XII)
  • Tu es comme déesse assise en très haut lieu…
    Pour monter en ton ciel je ne suis pas un dieu. (Sonnets pour Hélène)
  • Rochers, bien qu’agés de plus de trois mille ans, vous ne changez ni d’état ni de forme.
  • C’était pour m’enseigner qu’il faut dès la jeunesse,
    Comme d’un usufruit, prendre son passe-temps :
    Que pas à pas nous suit l’importune vieillesse,
    Et qu’Amour et les fleurs ne durent qu’un printemps. (Sonnets pour Hélène)
  • Je voudrais bien richement jaunissant
    En pluie d’or goutte descendre
    Dans le beau sein de ma belle Cassandre.
    Lors qu’en ses yeux le somme va glissant. (Poèmes)
  • Et des amours desquelles nous parlons,
    Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle :
    Pour ce, aimez-moi cependant qu’êtes belle.

 Autres citations de Pierre de Ronsard.

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Articles connexes

Suggestion de livres


Les Amours

Ronsard : Œuvres complètes, tome 1

Ronsard : Œuvres complètes, tome 2

Discours, derniers vers

Pierre de Ronsard

Odes de Ronsard

Sonnets pour Hélène

Les Amours de Pierre de Ronsard (CD)


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