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Romain Gary

Gros-Câlin (1974)

La vérité, c’est qu’il y a une quantité incroyable de gouttes qui ne font pas déborder le vase.

(Romain Gary, Gros-Câlin, 1974)

Romain Gary en 1961, à Rome.

👤 Romain Gary
Romain Gary
est un aviateur, militaire, résistant, diplomate, romancier, scénariste et réalisateur français, de langues française et anglaise. Il signe plusieurs romans sous le nom d’emprunt d’Émile Ajar, en les faisant passer pour l’œuvre d’un tiers. Il est deux fois couronné par le prix Goncourt (1956 et 1975) sous des pseudonymes différents. [Lire la suite de sa biographie]
→ Lumière sur Les Racines du ciel (1956, prix Goncourt) et La Vie devant soi (1975, prix Goncourt).

Présentation

Gros-Câlin est un roman de Romain Gary, publié en 1974 sous le pseudonyme d’Émile Ajar.

Un célibataire et son python

Cousin, un célibataire de trente-sept ans, statisticien de son état, raconte comment il a ramené à Paris d’un voyage en Afrique un python de deux mètres vingt qu’il surnomme affectueusement Gros-Câlin. L’animal lui apporte la tendresse qu’il rêve d’obtenir de la belle guyanaise Mlle Dreyfus, une collègue de travail qu’il rencontre furtivement dans l’ascenseur. Le serpent doit manger des proies vivantes, mais Cousin ne peut se résoudre à sacrifier la souris blanche, Blandine, qu’il a achetée pour lui. Il consulte un prêtre sur ce délicat problème.

Pour mieux communiquer avec son python, il suit les cours d’expression de M. Parisi, un ventriloque à la retraite. Pour protéger Blandine, il demande en vain l’aide de son voisin, le professeur Tsourès. D’autres voisins sont effrayés, quand Gros-Câlin se faufile chez eux par le conduit des W.C. De fait, Cousin est très seul et ne trouve un réconfort temporaire qu’avec son serpent et la compagnie des « bonnes putes », dont fait partie — il l’apprend à la fin — l’inaccessible Mlle Dreyfus.

Un conte drolatique moderne

Plus français que Gogol, aussi absurde que Kafka, plus drôle que Marcel Aymé et que Boris Vian réunis, Gros-Câlin fait découvrir en 1974 un nom inconnu, celui d’Émile Ajar, sous lequel se cache un Romain Gary de soixante ans. Par cette supercherie, qui va durer jusqu’à sa mort en 1980, l’auteur des Racines du ciel renaît à l’écriture, débarrassé des stéréotypes qui encombraient — et desservaient — la réception de ses livres. En 1975, avec La Vie devant soi, le pseudo Ajar offre ainsi son second prix Goncourt au vrai Gary.

Monologue délirant articulé sur une série de scènes quotidiennes, le récit de Cousin rappelle dans sa forme les provocations fantaisistes des premières pièces de Ionesco. Le roman devient lui-même python : il se prend dans ses propres nœuds. Et Cousin se bat avec les mots, inventant une langue aussi retorse que les anneaux de son animal fétiche. La logique se perd dans les vertiges comiques d’un employé modèle qui devient lui-même Gros-Câlin, qui se plaint de souffrir d’un « surplus américain » et qui s’obstine à attribuer à Bach la neuvième symphonie de Beethoven. Mais derrière le comique, constant, se devinent les blessures secrètes infligées par une société inhumaine.

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