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Charles 1er, dit Charlemagne

Vous comptez sur votre naissance et vous en concevez de l’orgueil ! Sachez que vous n’aurez ni gouvernement ni évêchés si vous n’êtes pas plus instruits que les autres.

(Charlemagne)

Qui est Charlemagne ?

Charles 1er, dit Charlemagne ou le Grand est roi des Francs (768-814) et empereur d’Occident (couronné en 800 par le pape Léon III). Petit-fils de Charles Martel, il est fils de Pépin le Bref et de Berthe de Laon dite « au Grand Pied ».

Charlemagne est né en 742 (sans toutefois avoir aucune confirmation sûre sur le lieu de sa naissance) et est mort à Aix-la-Chapelle le 28 janvier 814. Il est grand, tant par la taille (1m90) que par le territoire qu’il agrège. Charlemagne est le plus illustre représentant des souverains de la dynastie carolingienne, qui lui doit d’ailleurs son nom (en latin Carolus Magnus).

Charlemagne, empereur d'Occident (742-814) selon Louis-Félix Amiel (1802-1864). Peinture réalisée en 1839 conservée à Versailles, musée national du château et des Trianons.

Charlemagne, empereur d’Occident (742-814) selon Louis-Félix Amiel (1802-1864). Peinture réalisée en 1839 conservée à Versailles, musée national du château et des Trianons.

Il n’a pas eu de cesse d’agrandir le royaume au prix de trente années de guerre contre les Lombards, les Arabes, les Avars et les Bretons.

Roi des Lombards en 774, il soumet les Saxons et la Bavière, instaure une marche en Bretagne en 789, mais échoue à reprendre l’émirat de Cordoue d’Abd Al Rahman 1er.

Aucun monarque n’a été plus loué que Charlemagne ; il a réuni en sa faveur les guerriers, les évèques, les hommes de loi et les gens de lettres. Les politiques lui ont reproché d’avoir tout réglé dans l’État, excepté la succession au trône, qu’il laissa à la merci des factions, et d’avoir multiplié les assemblées où le pouvoir royal s’affaiblit nécessairement, ce qui ne s’accordait pas avec l’étendue donnée à l’empire. Il a surmonté tous les obstacles par son génie, son courage, son activité, et l’art de distribuer les récompenses ; mais il ne consolide rien ; et, pour lui succéder avec la même gloire, la même sûreté pour le trône et pour la France, il aurait fallu lui ressembler.

À sa mort en 814, Charlemagne a été enterré à Aix-la-Chapelle. On le fait descendre dans un caveau, où il était assis sur un trône d’or, revêtu de ses habits impériaux, du manteau royal el du grand chaperon de pèlerin qu’il portait dans tous ses voyages de Rome. Il avait la couronne sur la tête. Il était ceint de son épée, tenait un calice à la main, avait son livre d’Évangiles sur les genoux, son sceptre et son bouclier d’or à ses pieds. Charlemagne a mérité le litre de restaurateur des lettres. Il allie en France, par ses libéralités, les savants les plus distingués de l’Europe.

Promoteur de la renaissance intellectuelle du monde barbare, on ne sait à quel degré il a participé lui-même à l’instruction et à la culture littéraire qu’il s’efforça de ranimer. Sans doute il a attiré auprès de lui les hommes les plus distingués de son temps : l’anglo-saxon Alcuin, l’irlandais Clément, les italiens Théodulfe, Leidrade, Paulin d’Aquilée, Pierre de Pise, Paul Warnefried, etc.

Charlemagne est le fondateur de la première académie des temps modernes, l’École palatine (dirigée par Alcuin), qui réunit les savants de tous les pays, en leur décernant pour noms littéraires ceux des plus célèbres écrivains de l’antiquité, comme pour les placer sous leur patronage. Charlemagne lui-même, ses ministres, sa famille, ses sœurs et ses filles s’honoraient d’en faire partie.

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Il établit des écoles où l’on enseignait la grammaire, l’arithmétique, la théologie et les humanités. Il avait fondé une bibliothèque an monastère de Saint-Gall, et réuni pour lui-même des collections de livres à l’île Barbe, près de Lyon, et à Aix-la-Chapelle.

Suivant la tradition, Charlemagne considérait tellement les savants, qu’il donna sa fille Emma en mariage à son scribe et secrétaire Éginhard. On lui prête l’amour de la lecture, le goût des arts. D’après quelques-uns, il aurait composé même, en dehors de ses travaux de législation, des ouvrages d’enseignement, entre autres une Grammaire tudesque. Mais, selon d’autres, il serait resté tout à fait illettré et incapable même de signer de sa main.

Quant aux écrits venus sous son nom, les Capitulaires, dressées pour la plupart à Aix-la-Chapelle en 805 et 800, qui résument sa législation, les Livres carolins, composés pour défendre l’orthodoxie contre les décisions de l’Église elle-même dans la question des iconoclastes, et le recueil de ses Lettres, tout en y recherchant la pensée de Charlemagne et l’empreinte de son génie, on est forcé d’admettre qu’ils furent rédigés par des mains plus savantes que la sienne.

Mis au nombre des saints par l’antipape Pascal III, l’an 1105 ou 1000, l’Église n’a jamais autorisé son culte, mais n’a pas non plus rapporté le décret de sa canonisation ; et sa mémoire est honorée par plusieurs églises d’Allemagne. Louis XI a fixé la fête de Charlemagne au 28 janvier, et l’université de Paris l’a choisie en 1661 pour son patron, sans toutefois le signer sous le nom de saint. Une Histoire de Charlemagne a été écrite en latin par Éginhard ; en français par Gaillard (Paris, 1785) ; en allemand par Hegewisch, traduite en français par Bourgoing en 1805.

Poèmes et légendes de Charlemagne

Charlemagne était destiné à prendre une plus grande place dans le domaine des lettres comme héros de poèmes et de romans que comme écrivain. L’histoire des œuvres où le type du héros se forme, grandit et se développe, est celle même de la littérature de l’Europe pendant plusieurs siècles.

La légende de Charlemagne, la plus grande des temps modernes, n’attend pas la mort de l’empereur pour commencer. Elle naît de son vivant et inspire les chansons héroïques contemporaines des langues tudesques et romanes. C’est en France qu’elle a le développement le plus complet. Elle semble présider à la formation de la nationalité française et, dans la rivalité de la langue d’oïl et de la langue d’oc, le Midi, retenant sa part des traditions poétiques sur le grand empereur du Nord, les développe dans l’épopée provençale. La légende de Charlemagne est l’inépuisable texte des chansons de geste, et le fond de tout un long cycle poétique.

Les romans la reprennent après l’épopée. Les chroniques s’en emparent ensuite et conservent par elle le merveilleux dans l’histoire naissante. L’Allemagne, qui revendique le héros franc comme un des siens, ne manque pas de cultiver sa légende, mais les œuvres originales qu’elle lui consacre sont plutôt des ballades que des poèmes. En fait d’épopées carlovingiennes, les meistersingers allemands se bornent à calquer et à traduire celles de la France. Celles-ci, du reste, portent le nom de Charlemagne et l’honneur de la poésie française dans tous les pays.

Les Flandres, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, font à l’un et à l’autre, par leurs traductions, une popularité universelle que les croisades étendent à l’Orient. Il est difficile de tirer des développements poétiques du type de Charlemagne les éléments de la réalité historique.

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Il faut ajouter que cette impression se divise en deux grands courants, l’un religieux, l’autre guerrier. Le premier se conserve surtout dans l’Église et aboutit à la canonisation de l’empereur ; le second est plus particulièrement laïque et produit l’épopée française. Tous deux d’ailleurs se confondent dans la conception idéale d’un Charlemagne, qui, pour les clercs comme pour les chevaliers, est à peu près le même le héros chrétien, la force au service de la religion, le défenseur et le maître de la chrétienté.

Tous les détails qui, dans l’imagination des peuples, et avec les couleurs propres à chaque époque, développeront cet idéal, seront admis par la poésie, qu’ils s’accordent avec l’histoire ou qu’ils la contredisent, à quelque pays, à quelque temps, à quelque ordre d’idées qu’ils se rapportent.

On signale aussi, pour le Moyen Âge, comme principale chronique rimée, le Roman de Charlemagne, de Girard d’Amiens, et le poème allemand de Charlemagne, de Stricker. On peut citer également les poèmes héroïques de Louis Laboureur, de Millevoye, de Lucien Bonaparte, etc.

Sacré Charlemagne !

Sacré Charlemagne est la célèbre chanson de France Gall sortie en 1964 en pleine période yéyé. La chanteuse française était encore débutante, mais elle a connu un vif succès en interprétant Sacré Charlemagne (paroles de Robert Gall et musique de Georges Liferman). Cette chanson accuse malicieusement sur un air amusant et entraînant l’empereur d’être l’inventeur de l’école. Est-ce bien « ce sacré Charlemagne » qui a joué aux enfants le mauvais tour d’inventer l’école obligatoire ? À titre informatif, cette chanson est apparue dans le troisième album de France Gall, qui porte le même titre.

✏️ Apprendre en chansons ! ✏️
→ Exercice à trous : Sacré Charlemagne de France Gall. Testez-vous !

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Voici le clip Sacré Charlemagne (1964) de France Gall.

⚠️ Remarque ⚠️ 
La vidéo intégrée ci-dessus est utilisée uniquement pour un but culturel et éducatif. Elle reste la propriété de son auteur et n’engage que sa propre responsabilité. En aucun cas l’éditeur d’EspaceFrancais.com ne pourra être tenu responsable de cette vidéo dont il ne serait pas l’auteur.

Un autre Charlemagne

Il ne faut pas confondre Charlemagne avec Jean-Armand Charlemagne dont le nom de famille est le même que le surnom de Charles 1er, l’empereur d’Occident.

Jean-Armand Charlemagne est un auteur dramatique français, né en 1759, près de Paris, et mort le 6 mars 1838. Il a donné sur divers théâtres des comédies faciles, dont quelques-unes ont eu du succès : la Fille à marier, un acte en vers (1793) ; Monsieur de Crac à Paris, un acte en vers (1793) ; le Souper des Jacobins, un acte en vers (1795), pièce d’à propos politique ; l’Agioteur, un acte en vers (1796) ; les Voyageurs, trois actes en vers (1800) ; le Fou suppose, un acte en prose (1803) ; les Descendants du Menteur, trois actes en vers (1805) ; le Testament de l’Oncle, trois actes en vers (1806), etc.

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On cite, en outre, deux romans, l’Enfant du crime et du hasard (1803), les Trois B. ou Aventures d’un boîteux, d’un borgne et d’un bossu (1804).

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