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Auteurs français

Charles Perrault

1628 – 1703

Présentation

Charles Perrault né et mort à Paris (1628-1703), issu d’une famille appartenant à la haute bourgeoisie parlementaire, manifeste un intérêt passionné pour les discussions scientifiques qui se déroulent dans le milieu familial. Cependant, il se rend compte très jeune que la littérature constitue sa véritable vocation.

Un écrivain inscrit dans la tradition
Portrait de Charles Perrault

Philippe Lallemand (1636-1716), Portrait de Charles Perrault, Versailles, musée national du Château.

La plus grande partie de la carrière littéraire de Charles Perrault n’a rien de révolutionnaire. Frère de l’architecte Claude Perrault qui construisit notamment la colonnade du Louvre et l’Observatoire de Paris, il se consacre d’abord à la poésie, tout en assurant sa charge de contrôleur général de la surintendance des bâtiments. Il pratique les genres de l’é

poque : il compose des poèmes burlesques et galants, aborde la poésie de circonstance avec son Ode sur le mariage du roi (1660), se laisse guider par l’inspiration religieuse dans son Saint Paulin (1686).

Charles Perrault est bien vu du pouvoir : protégé de Chapelain, lié à Bossuet, il entre en 1663 au service de Colbert. Bref, il accomplit une carrière « officielle » parfaite, qui le conduit, en 1671, à l’Académie française.

Le chef de file des Modernes

Rien ne semble donc laisser prévoir le rôle qui allait être le sien durant la querelle des Anciens et des Modernes. Il prend alors résolument parti contre la tradition et pour l’évolution de la littérature. Son rôle est déterminant, il devient le véritable chef de file des Modernes. Le 27 janvier 1687, il donne lecture, devant les membres de l’Académie française, de son poème Le Siècle de Louis le Grand.

Son propos est clair : il y critique les Anciens, y fait l’éloge des Modernes et y affirme la supériorité de la période de Louis XIV sur celle de l’empereur romain Auguste. Il précise ses conceptions dans les Parallèles des Anciens et des Modernes (publiés de 1688 à 1697) et s’oppose violemment à Boileau avec lequel il se réconciliera en 1694 en un compromis qui amènera chacun à accepter de nuancer ses positions.

L’auteur des Contes de ma mère l’oie

Charles Perrault est surtout connu comme l’auteur des Contes de ma mère l’oie (1697). Il a su transcrire, pour des générations, la tradition populaire du merveilleux : qui n’a pas eu l’occasion, dans son enfance, de lire ou d’entendre lire ces contes qui sont ainsi profondément ancrés dans la mémoire de chacun ?

Gros plan sur les Contes de ma mère l’oie

Les Contes de ma mère l’oie ont une double signification. En mettant en scène des fées (Cendrillon), des êtres étranges (Barbe-bleue), des ogres (Le Petit Poucet) ou des chats doués de parole (Le Chat botté), ils s’adressent aux enfants dont ils satisfont le goût pour le merveilleux.

Mais ils ont une signification beaucoup plus profonde. En fait, les personnages qui y évoluent evoquent les pulsions qui sont au centre de l’être humain, qui sont tapies dans son subconscient : Cendrillon montre ainsi les liens qui s’établissent entre rêve et réalité ; la femme de Barbe-bleue révèle la force de la curiosité et l’attirance morbide qu’exerce la mort ; le petit Poucet, engage dans un combat contre la pauvreté et contre l’ogre, souligne la nécessité pour le faible d’utiliser la ruse et pour l’enfant de lutter contre la domination des adultes ; les victoires du chat botte indiquent les possibilités du triomphe de la malice populaire sur la violence du pouvoir.

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Les Contes et son public

Trois raisons essentielles ont contribué à l’immense succès des contes de Perrault dès leur publication jusqu’à nos jours. D’abord, comme les contes de Grimm et certains contes d’Andersen, ceux de Perrault sont presque tous issus de la tradition orale. Or, la mémoire des peuples ne conservant que ce qui l’intéresse, les récits de tradition orale ont fait leurs preuves. Ensuite, Perrault ayant choisi de ne pas alourdir l’intrigue et ayant su éviter les artifices d’un style qui se démode, ses contes conservent aujourd’hui leur vivacité et sont faciles à mémoriser.

Enfin, les contes de Perrault étant à la fois captivants, simples, mémorables et consacrés par la culture légitime, ils figurent au tout premier rang des livres qui ont le privilège de relier adultes et enfants. Ils offrent aux parents un chemin vers le cœur des enfants qu’ils ont et de ceux qu’ils furent.

Bibliographie
  • De Jean Coste (1902)
  • Les Murs de Troie ou l’origine du Burlesque (1653)
  • Portrait d’Iris (1659)
  • Ode sur la paix (1660)
  • Ode sur le mariage du Roi (1663)
  • Dialogue de l’amour et de l’amitiéDiscours sur l’acquisition de Dunkerque par le Roi (1668)
  • Le Parnasse poussé à bout (1669)
  • Courses de têtes et de blagues faites par le Roi et par les Princes et SeigneursCritique de l’Opéra (1674)
  • Harangue faite au roi après la prise de Cambrai(1679)
  • Épître chrétienne sur la pénitence (1686)
  • Le Siècle de Louis le Grand (1687)
  • Ode de Mgr le Dauphin sur la prise de Philisbourg,Parallèle des Anciens et des Modernes en ce qui regarde les Arts et la Science (1688)
  • Au Roi, sur la prise de Mons (1691)
  • La Création du Monde (1692)
  • Ode du Roi, Dialogue d’Hector et d’Andromaque(1693)
  • L’Apologie des Femmes, Le Triomphe de sainte Geneviève, L’idylle à Monsieur de la Quintinie (1694)
  • Les Hommes illustres qui ont paru en France (1696 – 1700)
  • Les Contes de Perrault (ou Conte de ma mère l’Oye), Adam ou la création de l’homme (1697)
  • Portrait de Bossuet (1698)
  • Traduction des Fables de Faërne (1699)
  • Ode au Roi Philippe V, allant en Espagne (1701)
  • Ode pour le roi de Suède (1702)
  • Le Faux Bel Esprit (1703)
  • Mémoire de ma vie (posthume, 1755)
  • L’Oublieux, Les Fontanges (posthume, 1868)

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Citations choisies
  • Quand il vint au monde, il n’était guère plus gros que le pouce, ce qui fit qu’on l’appela le petit Poucet. (Le Petit Poucet)
  • Et comme ton bonheur dépend tout de tes voeux, songes-y bien avant que de les faire.
  • Peu d’éloquence, beaucoup d’amour. (La belle au bois dormant)
  • Rien ne peut résister à la grande éloquence. (Griselidis)
  • La beauté pour le sexe est un rare trésor.
    De l’admirer jamais on ne se lasse ;
    Mais ce qu’on nomme bonne grâce
    Est sans prix, et vaut mieux encor. (Cendrillon)
  • Attendre quelque temps pour avoir un époux,
    Riche, bien fait, galant et doux,
    La chose est assez naturelle,
    Mais l’attendre cent ans et toujours en dormant,
    On ne trouve plus de femelle,
    Qui dormit si tranquillement. (La Belle aux Bois Dormant)

 Autres citations de Charles Perrault.

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Articles connexes

Suggestion de livres


Contes

Les Contes de Perrault d’après les textes originaux

Contes de ma Mère l’Oye

Charles Perrault, Les Contes illustrés par Gustave Doré

Les Contes de Perrault dans tous leurs états

Histoires ou contes du temps passé : Contes en vers

Mes plus beaux contes d’Andersen et de Perrault, vol 2

Contes de Charles Perrault (CD)


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