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Auteurs français

Michel Tournier

1869 – 1951

Notice biographique

Michel TournierNé le 19 décembre 1924 à Paris, d’un père issu d’une famille du Nord mais né en Charente et d’une mère bourguignonne qui se rencontrèrent à la Sorbonne alors qu’ils étaient étudiants en licence d’allemand, Michel Tournier est issu d’une famille aisée et cultivée, chétif et hypersensible.

Il était d’abord un élève médiocre et turbulent. Il s’est passionné ensuite pour la philosophie, qu’il étudie à la Sorbonne, où il était l’élève de Gaston Bachelard, puis à Tübingen, après la guerre, renouant avec l’habitude des séjours outre-Rhin de son enfance. Très affecté par un échec à l’agrégation, il a entrepris en 1950 une vie de bohème, s’adonnant à des travaux de traduction puis participant à des émissions de radio et de télévision sur la photographie (de 1961 à 1965). Il a décidé alors de se consacrer à l’écriture et a publié un premier roman (Vendredi ou les Limbes du Pacifique), variation sur le Robinson Crusoé, de Defoe, qui a été couronné en 1967 par le prix de l’Académie française.

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Le deuxième, Le Roi des aulnes, histoire d’un ogre devenu sauveur d’enfants dans la Prusse orientale nazie, obtient le prix Goncourt à l’unanimité en 1970. Suivront d’autres romans (les Météores, 1975, histoire de deux jumeaux), des nouvelles (le Coq de bruyère, 1978) et des essais (le Vent Paraclet, 1977, texte autobiographique où Tournier explique son recours au mythe et le fondement métaphysique de son œuvre romanesque). Voyageur, organisateur d’expositions photographiques (notamment les Rencontres d’Arles avec son ami Lucien Clergue), familier des établissements scolaires, où il présente ses récits aux enfants (pour lesquels il a spécialement réécrit son premier roman), membre de l’Académie Goncourt, il reste un provocateur qui cultive le scandale dans son œuvre: « écrire debout », c’est selon lui toujours lancer « des appels au désordre ». Ses fables philosophiques sont lisibles à plusieurs niveaux, jusqu’à l’interprétation symbolique, et recherchent l’universalité par le retravail des mythes fondamentaux (Robinson, l’ogre, le nain, les doubles), sous la forme de parcours initiatiques vers une vérité supérieure.

Maintenant âgé, Michel Tournier n’écrit plus mais donne encore des entrevues pour évoquer son parcours et ses textes. La Bibliothèque Universitaire d’Angers est dépositaire des papiers de l’écrivain et a créé un fonds Tournier.

Bibliographie

Romans

  • Vendredi ou les Limbes du Pacifique (1967)
  • Vendredi ou la Vie sauvage (1971)
  • Le Roi des aulnes (1970)
  • Les Météores (1975)
  • Gaspard, Melchior et Balthazar (1980)
  • Gilles et Jeanne (1983)
  • La Goutte d’Or (1985)
  • Eléazar ou la Source et le Buisson (1996)

Contes et nouvelles

  • Le Coq de bruyère (1978)
  • La Fugue du Petit Poucet (1979)
  • Le Médianoche amoureux (1989)

Essais

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  • Le Vent Paraclet (1978)
  • Petites proses (1986)
  • Le Vol du vampire (1981)
  • Le Pied de la lettre (1994)
  • Le Miroir des idées (1994)
  • Célébrations (1999)
  • Le Tabor et le Sinaï
  • Le Crépuscule des masques
  • Des clefs et des serrures
  • Journal Extime (La Musardine) (2002)
  • Le Bonheur en Allemagne ? (2004)
  • Les Vertes lectures (2006)
Citations choisies
  • Vous ne pouvez avoir de l’amitié pour quelqu’un qui n’a pas d’amitié pour vous. Ou elle est partagée, ou elle n’est pas. Tandis que l’amour semble au contraire se nourrir du malheur de n’être pas partagé. L’amour malheureux, c’est le ressort principal de la tragédie et du roman. (Le miroir des idées)
  • Tout est signe. Mais il faut une lumière ou un cri éclatant pour percer notre myopie ou notre surdité. (Le Roi des Aulnes, 1970, Écrits sinistres d’Abel Tiffauges)
  • […] le monde entier n’est qu’un amas de clefs et une collection de serrures. Serrures le visage humain, le livre, la femme, chaque pays étranger, chaque oeuvre d’art, les constellations du ciel. Clefs les armes, l’argent, l’homme, les moyens de transport, chaque instrument de musique, chaque outil en général. La clef, il n’est que de savoir s’en servir. La serrure, il n’est que de savoir la servir… afin de pouvoir l’asservir. (Petites proses)
  • L’homme ne promène pas son chien, c’est lui qui est promené par son chien. (Le miroir des idées)
  • Un poète, un romancier, un novelliste, un conteur ne donne au lecteur que la moitié d’une oeuvre, et il attend de lui qu’il écrive l’autre moitié dans sa tête en le lisant ou en l’écoutant. Les oeuvres littéraires les plus importantes selon moi sont celles qui ont suscité après elles une postérité renouvelée à chaque génération. (Journal extime; La Musardine)
  • Son comique reposait tout entier sur cette observation très simple: si vous êtes victime d’une malchance, vous intéressez; de deux malchances, vous faites pitié; de cent malchances, vous faites rire. (Que ma joie demeure)
  • […] les gens tout à fait normaux sont rarement dans l’enseignement, et peut-être est-il naturel et préférable que les enfants, ces demi-fous que nous tolérons parmi nous, soient élevés par des originaux. (La jeune fille et la mort)
  • En quoi consiste la photogénie? C’est la faculté de produire des photos qui vont plus loin que l’objet réel. (Les suaires de Véronique)
  • Un trimestre, unité de temps chère aux enseignants. (Le médianoche amoureux)

Autres citations de Michel Tournier.

 

Articles connexes

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Suggestion de livres et de CD

Sept contesLe Roi des AulnesLes météoresGaspard, Melchior & Balthazar

La Goutte d’or

Le médianoche amoureux

Le bonheur en Allemagne?

Je m’avance masqué

Voyages et paysages

Le miroir des idées

Pierrot ou les Secrets de la nuit

Célébrations

Le coq de bruyère

Les contes de médianoche

Journal extime

Vendredi ou les limbes du Pacifique

Vendredi ou La Vie sauvage (CD)


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