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La place du sujet

ℹ️ Note : Dans les exemples de cet article, le sujet est mis en gras alors que le verbe est souligné.
📝 Articles incontournables : Le sujet et le complément d’agent. – Généralités sur le verbe.

Ordinairement, le sujet précède le verbe. Cependant, cette règle générale est soumise à plusieurs exceptions d’autant plus que l’inversion du sujet est fréquente en prose et en poésie pour une fonction grammaticale, thématique ou stylistique…
⚠️ 
Attention !
 Il est nécessaire de bien accorder le verbe avec le sujet, même si ce dernier est inversé.

Règle générale : sujet avant le verbe

Le sujet se place ordinairement avant le verbe parce que l’esprit voit, d’abord, l’être ou la chose avant qu’il n’observe sa manière d’être ou d’agir.

Exemples :

  • Je m’appelle Claudine, j’habite Montigny ; j’suis née en 1884 ; probablement je n’y mourrai pas. (Colette, Claudine à l’école)
  • Je voudrais que tu me les pardonnes. (André Gide, Robert).
  • Tout le monde peut faire la guerre. C’est le propre de l’homme. (Anatole France, La Vie en fleur)
  • Le chef royaliste […] s’avança par un mouvement de désespoir ; mais au moment où ses gens le virent se hasardant ainsi, tous se ruèrent sur les Bleus. (Honoré de Balzac, Les Chouans)
Place du sujet dans les phrases interrogatives

Dans les phrases interrogatives, le sujet se met après le verbe. Dans ce cas, on parle de « postposition du sujet » par rapport au verbe. On peut dire donc que le sujet est postposé ou inversé.
Exemples :

  • […] avezvous envie de le voir ? (Pierre Loti, Mon frère Yves)
  • Soleil, que nous veuxtu ? (Jean Moréas, Les Stances)
  • Coquin, ne t’aije pas interdit pour un mois ? (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac)

💡 Note
Dans les phrases interrogatives du registre familier, on n’inverse pas le sujet. Il suffit de donner à la phrase un ton montant ou, en langue écrite, de mettre un point d’interrogation à la fin de la phrase déclarative.
Exemple : Tu aimes le chocolat ?

Dans les phrases interrogatives, le nom (qu’il soit nom commun ou nom propre), employé comme sujet, ne se place après le verbe que quand il est seul. Ce cas de postposition est appelé inversion stylistique, qui est impossible lorsque le verbe est accompagné d’un complément d’objet direct.
Exemple : est votre père ?

Mais il conserve sa place avant le verbe, si le pronom correspondant doit marquer l’interrogation. Ainsi on place le nom sujet avant le verbe et on le reprend par un pronom personnel après le verbe.
Exemples :

  • L’humeur estelle donc le privilège des grands, pour être l’excuse de leurs vices ? (Jean-Baptiste Massillon)
  • Les harpes éoliennes faisaientelles tant de bruit, Boris ? (Gaston Leroux, Rouletabille chez le tsar)

→ À lire : Les pronoms. – La place des pronoms personnels.

Place du sujet dans les phrases incises

Lorsque l’on rapporte les paroles de quelqu’un et que, dans une phrase interjetée, on exprime le nom de la personne. Le sujet de cette phrase se place toujours après le verbe.

Disait Mentor, répondit Télémaque, etc., sont des phrases interjetées. Elles sont appelées ainsi parce qu’elles se trouvent enchâssées dans une autre phrase et qu’elles y forment une phrase incise.
Exemples :

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  • Là, disaitelle, le ruisseau de Fataoua se répandait encore dans un creux de rocher qui semblait fait tout exprès pour le tête-à-tête de deux ou trois personnes intimes. (Pierre LotiLe Mariage de Loti : Rarahu)
  • Je le touchais, s’exclama Frédéric Larsan. (Gaston Leroux, Le Mystère de la chambre jaune)

→ À lire : Le discours rapporté. – Les verbes de parole. – La transformation du discours direct en discours indirect.

Place du sujet après un verbe au subjonctif

Quand on exprime un souhait, un désir, une volonté, et que le verbe exprimant ce souhait, ce désir, cette volonté, est sous-entendu, dans ce cas le verbe, qui est au subjonctif, précède toujours son sujet comme dans les exemples : Vive la liberté ! Périssent les tyrans !

Mais quelle différence entre la construction pleine et la construction elliptique ? L’une est faible et sans action sur les esprits ; l’autre, au contraire, par sa concision, a tant de force, tant d’énergie, qu’elle est capable de soulever les plus grandes passions.
Exemples :

  • Non, non, plus de Tarquins ! Meure la tyrannie ! Disparaisse Tarquin et sa race bannie ! (François Ponsard, Lucrèce)
  • Vive le général ! Vivent les fiancés ! (Georges Feydeau, La Dame de chez Maxim)

→ À lire : Emploi du subjonctif et de l’indicatif. – Les modes.

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Place du sujet après un verbe impersonnel

On place le sujet après le verbe dans les phrases qui commencent par un verbe impersonnel ou par ainsi, tel, aussi, sans doute, et encore, peut-être, etc.
Exemples :

  • Il est arrivé d’heureux changements.
  • Ainsi parlait le peintre Marcel à la jeune Mademoiselle Mimi […]. (Henri Murger, Scènes de la vie de bohème)
  • Tel est le problème que nous nous sommes posé. (Émile Durkheim, De la division du travail social)
  • Aussi étaientelles vues d’un bon œil par tous les habitués de la salle estimable […]. (Villiers de l’Isle-Adam, Contes cruels)

⚠️ Remarque
Dans les verbes impersonnels, le pronom il n’est pas le sujet du verbe, mais une sorte de pronom indicatif qui sert à annoncer, à démontrer le sujet.

→ À lire : Les verbes impersonnels. – Les locutions impersonnelles. – Les pronoms.

Autres cas de postposition…

On met également après le sujet le sujet suivi de plusieurs mots qui en dépendent.
Exemple : Nous écoutons avec docilité les conseils que nous donnent ceux qui savent flatter nos passions. (La Rochefoucauld)

Dans la langue littéraire, on peut trouver les sujets inversés lorsque la phrase commence par un complément circonstanciel.
Exemple : Au delà règne l’uniformité, s’étendent les champs et, jadis surtout, les jachères utilisées par les troupeaux. (Paul Vidal de La Blache, Principes de géographie humaine)
→ À lire : Les compléments circonstanciels. – L’expression de la circonstance.

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Il faut éviter qu’une proposition relative se termine par son verbe conjugué. L’inversion est possible uniquement si le sujet du verbe de la proposition relative est un nom (commun ou propre) pas un pronom. Si le sujet est un pronom, aucune inversion n’est possible. Si la proposition relative ne se termine pas par son verbe conjugué, on ne fait pas l’inversion.
Exemple : On y montait par deux routes doublement lumineuses de la réflexion immense du miroir splendide où se mirent les quatre cantons. (Jules Michelet, L’Insecte)
→ À lire : La proposition subordonnée relative.Les pronoms relatifs.

Il y a encore plusieurs cas analogues qui exigent ou permettent cette postposition. Ainsi elle est fréquente dans les exclamations, après les conjonctions, et, en général, dans les phrases qui ont un certain mouvement oratoire.
Exemples :

  • Tombe sur moi le ciel pourvu que je me venge ! (Pierre Corneille, Rodogune)
  • Et ce n’est point ainsi que parle la nature. (Molière, Le Misanthrope, Acte I, scène 2)

L’inversion du sujet est fréquente, en prose ou en poésie. En poésie, elle donne au vers plus de rapidité et elle en rend la cadence plus agréable et plus harmonieuse. En prose, on place surtout le sujet après le verbe quand le premier est composé de plusieurs mots qui en dépendent. Du reste, c’est le goût, c’est l’oreille qu’il faut consulter…

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