Précis de notions

Lexique des termes littéraires, linguistiques et stylistiques

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A AbsurdeAbyme (mise en) • Académique (style)AccentAcception
AccumulationActeActionAdageAdjuvant (auxiliaire) • Alexandrin
AllégorieAlliance de motsAllitérationAllusionAnachronismeAnacoluthe
AnagrammeAnalogieAnaphoreAnthologieAnthropologieAntihéros
AntiphraseAntiromanAntithèseAntonymeApartéAphorismeApologie
ApophtegmeApostropheAssonanceAutobiographie

 Absurde (adj et n.m.)

Ce terme caractérise ce qui n’a pas de sens, ce à quoi on ne peut pas donner de sens. Au milieu du XXe siècle, l’absurde qualifiait plusieurs courants intellectuels et artistiques. Albert Camus a défendu la philosophie de l’absurde. Le sentiment de « l’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde ». Mais l’homme conquiert sa dignité quand il devient capable de le savoir et de l’assumer. Eugène Ionesco a illustré le théâtre de l’absurde: les personnages sont illogiques, échangent des propos stéréotypés, l’action est souvent inexistante; sa pièce la plus célèbre estLa Cantatrice chauve.

 Abyme (mise en) (ou mise en abysme, ou aussi mise en abîme)

L’expression, qui appartient à l’étude des structures du récit, a été empruntée à la science du blason: l’abyme est le nom que prend le centre du blason lorsqu’il représente lui-même un autre écu. Il y a donc mise en abyme du récit quand des éléments représentatifs du récit sont insérés dans un deuxième récit qui appartient au premier. André Gide par exemple, dans son roman Les Faux-Monnayeurs, campe le personnage d’Edouard écrivain en train d’écrire Les Faux-Monnayeurs.

Académique (style)

À l’origine, se disait d’un style qui respectait scrupuleusement les règles énoncées dès 1635 par l’Académie française pour fixer le bon usage. Ce mot a aujourd’hui une coloration plutôt péjorative : il caractérise un style dépourvu de personnalité, toujours conventionnel et parfois prétentieux.

Le style académique confère au discours une certaine solennité. Par son absence totale d’émotion, il donne une impression de froideur et de rigidité. Son exactitude, qui fixe le sens de la phrase une fois pour toutes, interdit au destinataire la moindre interprétation ou extrapolation.

Exemple : Quelque génie qu’on puisse avoir, on a besoin de l’exercer et de le corriger par la réflexion et par les règles, et les préceptes ne sont point inutiles.(Vauvenargues, Dialogues)

 Accent (n.m.)

 Il y a :

  • l’accent de langue, appelé aussi accent d’intensité, qui allonge la voyelle accentuée et se trouve à une place fixe : la dernière syllabe d’une unité syntaxique (ou sur l’avant-dernière si la dernière comporte un e muet) ;
  • l’accent d’insistance dont le place n’est pas fixe et dont le but est l’expressivité ;
  • l’accent métrique, qui contribue à scander les vers, et qui est en général placé sur la syllabe qui précède une coupe.

Lire : La versification.

 Acception (n.f.)

C’est le sens précis que prend un mot parmi tous ceux qu’il peut avoir.

Accumulation (n.f.)

Cette figure de style consiste à écrire, à la suite les uns des autres, une série de termes de même nature (série de noms, série de verbes…). Un des plus célèbres exemples d’accumulation dans la littérature française se trouve dans une lettre de Madame de Sévigné: « Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu’aujourd’hui, la plus brillante, la plus digne d’envie… »

 Les figures de style.

Acte (n.m.)

Division d’une œuvre dramatique, qui sert à reposer l’attention du spectateur, ou qui termine la pièce. Les règles classiques assignent cinq actes aux tragédies et aux comédies. L’intervalle entre deux actes s’appelle l’entr’acte. Les actes d’une pièce dure environ 3/4 d’heure, les entr’actes dix minutes.

Histoire et règles de la tragédie.
Les genres théâtraux.

Action (n.f.)

Elle désigne la suite des événements dans un récit, une pièce de théâtre, un film. L’action peut jouer un rôle secondaire, si l’auteur a préféré tenir compte de la psychologie des personnages ou de la création d’une atmosphère. Mais elle peut être essentielle comme par exemple dans le roman policier.

Analyser un roman.

Adage (n.m.)

Un adage est une formule généralement ancienne, énonçant une vérité admise, un principe d’action ou une règle juridique. Chez certains auteurs, le mot adage désigne un principe d’action individuel et de formulation récente, mais déjà éprouvé par l’expérience.

Exemple : Bien mal acquis ne profite jamais.

Corrélats : un proverbeune maximeune sentenceun dictonun aphorismeun précepteun apophtegmeune locution proverbialeune penséeune deviseun slogan.
Les proverbes français expliqués.

Adjuvant (ou auxiliaire) (n.m.)

Il s’agit dans un conte ou un récit du personnage qui a pour fonction de venir en aide au héros.

Le rôle des personnages dans un récit.
 Analyser un roman.
 Le conte : Présentation et caractéristiques.

 Alexandrin (n.m.)

C’est un vers de douze syllabes. Pour cette raison, on peut aussi l’appeler dodécasyllabe (en grec, dodéka = douze). Le nom d’alexandrin, lui, vient d’un des premiers romans écrits en vers de douze syllabes, qui s’intitulait Le Roman d’Alexandre.

 La versification.
Le genre poétique.
Genre littéraire : la poésie.
La rime (étude détaillée).

 Allégorie (n.f.)

Cette figure de style consiste à représenter une notion abstraite par une personne portant des vêtements ou des objets symboliques. Parfois elle agit ou parle. L’allégorie, figure constante dans la poésie du Moyen Âge, a vu son rôle se réduire progressivement avant le XVIe siècle et au moment de la Pléiade. Mais elle ne disparaîtra jamais, et au XIXe siècle, Baudelaire l’emploie beaucoup.

 Les figures de style.

 Alliance de mots (oxymore)

On fait coexister deux termes de sens contraire à l’intérieur du même énoncé. On trouve dans la littérature des exemples célèbres de cette figure de style : « obscure clarté » (Corneille), « le Bourgeois gentilhomme » (Molière), « cette boucherie héroïque » (Voltaire), « le soleil noir de la mélancolie » (Nerval).

 Les figures de style.

Allitération (n.f.)

C’est la répétition du même son consonne. Son rôle essentiel est de rythmer le vers, de constituer une trame sonore du poème. (voir aussi l’assonance)

→ La versification.
→ Le genre poétique.
→ Genre littéraire : la poésie.
→ La rime (étude détaillée).

Allusion (n.f.)

L’allusion est une figure de style consistant à s’exprimer en associant ce qu’on dit à un événement ou à un texte supposé connu du ou des interlocuteurs.

Exemple d’une allusion littéraire : pour montrer que je connais bien un organisme dans lequel je travaille depuis longtemps, je peux citer ce vers tiré de Bajazet (Racine) : « Nourri dans le sérail, j’en connais les détours ». Les lettrés verront l’allusion à Racine et les autres penseront qu’il s’agit simplement d’une métaphore.

Exemple d’une allusion historique : à l’occasion de la trahision d’un proche, il est souvent fait allusion à la phrase de Jules César. « Tu quoque, fili » = « Toi aussi, mon fils ». César, poignardé en plein Sénat, adressa ces quelques mots à Brutus — son protégé et peut-être son fils — qui était l’un des assassins.

→ Les figures de style.

Anachronisme (n.m.)

C’est une erreur qui consiste à attribuer à une époque des événements, des coutumes, des idées qui appartiennent à une autre époque. L’anachronisme peut aussi être voulu, pour provoquer le comique par exemple.

Anacoluthe (n.f.)

On provoque un écart par rapport à la syntaxe courante. L’énoncé est renforcé grâce à l’effet de surprise.

Exemple : « Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, la face du monde aurait changé » (Pascal).

→ Les figures de style.

Anagramme (n.f.)

Mot formé au moyen des lettres d’un autre mot disposées dans un ordre différent.

Exemple : Alcofribas Nasier est l’anagramme de François Rabelais.

Jeux de mots.
L’anagramme.

Analogie (n.f.)

C’est la mise en relation de deux objets, deux phénomènes, deux situations qui appartiennent à des domaines différents mais font penser l’un à l’autre parce que leur déroulement, leur aspect présentent des similitudes. Ce raisonnement par analogie est la recherche d’une conclusion à partir de cette mise en relation. (voir aussi la comparaison)

Anaphore (n.f.)

On reprend plusieurs fois le même mot en tête de vers, de phrase. Elle rythme la phrase, soulignent un mot, une obsession.

Exemple : « Mon cœur qui souffre, mon cœur blessé, mon cœur t’aime ».

 Les figures de style.

Anthologie (n.f.)

C’est un recueil composé d’un ensemble de textes ou d’extraits choisis pour leur valeur esthétique (Anthos, en grec, signifie « fleur »).

Une anthologie peut rassembler des textes poétiques, historiques, politiques, érotiques, etc. Quand les textes sont regroupés par centres d’intérêt, on parle d’« anthologie thématique ».

Anthropologie (n.f.)

Domaine du savoir relatif à l’étude des sociétés humaines. Cette définition correspond à ce qui est parfois appelé l’« anthropologie sociale » ou l’« anthropologie culturelle », par opposition à l’« anthropologie physique », laquelle étudie l’homme dans son évolution physique.

Les distinctions sont parfois difficiles entre l’anthropologie, l’ethnologie et la sociologie :

  • L’anthologie se caractérise par la volonté d’étudier chaque société comme une totalité et d’aboutir à une meilleure connaissance de l’homme en général.
  • L’ethnologie correspond à une étude plus spécialisée se rapportant à des groupes restreints.
  • La sociologie étudie les grands groupes humains, donc les société modernes. Du fait de l’ampleur de ces groupes, elle est le plus souvent amenée à n’en étudier qu’un secteur.

Antihéros (n.m.)

Dans une œuvre littéraire ou cinématographique, l’antihéros est un personnage principal qui ne possède aucune des qualités remarquables du héros traditionnel. II est au contraire falot, sans envergure. Les personnages de Flaubert sont souvent des antihéros.

 Le rôle des personnages dans un récit.
→ Analyser un roman.
 Le conte : Présentation et caractéristiques.

Antiphrase (n.f.)

On dit le contraire de ce que l’on pense, par raillerie, tout en laissant entendre plus ou moins explicitement la vérité. Cette figure de style est très fréquente pour exprimer l’ironie. (voir l’ironie)

 Les figures de style.

Antiroman (n.m.)

Il s’agit d’un roman qui refuse toutes les règles traditionnelles du genre, et qui dénonce ainsi les illusions sur lesquelles repose le roman. On a pu dire par exemple que Jacques le Fataliste, de Diderot, était un antiroman parce qu’il brouille sans cesse les intrigues, va même jusqu’à les modifier en cours de route pour empêcher le lecteur de céder à l’illusion du réel.

 Analyser un roman.

Antithèse (n.f.)

Elle rapproche, dans un même énoncé, deux termes ou deux ensembles de termes sens opposé. Elle crée un effet de symétrie entre des idées contraires; elle met en valeur, par contraste, l’une de ces idées.

→ Les figures de style.

Antonyme (n.m.)

On appelle antonymes des mots de même nature mais de sens opposé (optimiste et pessimiste, mort et vie).

Analyser le mot.
L’antonyme.
L’expression écrite.

Aparté (n.m.)

Parole prononcée en présence d’un autre personnage et à son insu. On peut y repérer l’écart entre ce qui est dit et ce qui est pensé.

Aphorisme (n.m.)

En didactique, l’aphorisme est une proposition résumant à l’aide de mots peu nombreux, mais significatifs et faciles à mémoriser, l’essentiel d’une théorie, d’une doctrine, d’une question scientifique (en particulier médicale, politique, etc.). (TLF)

Dans la langue courante, l’aphorisme est une proposition concise formulant une vérité pratique couramment reçue (TLF).

Exemple : L’enfer, c’est les autres (Jean-Paul Sartre, Huis Clos).

→ Corrélats : un proverbeune maximeune sentenceun dictonun aphorismeun précepteun apophtegmeune locution proverbialeune penséeune deviseun slogan.
 Les proverbes français expliqués.

Apologie (n.f.)

On prononce ou on écrit une apologie lorsque l’on défend inconditionnellement quelqu’un ou quelque chose.

Apophtegme (n.m.)

L’apophtegme est une parole, une sentence mémorable de personnages de l’Antiquité comme les apophtegmes des Sages et les apophtegmes de Caton.

Par extension, généralement dans un contexte péjoratif, l’apophtegme est une formule concise sur un sujet considéré comme important par celui qui parle, mais en réalité banal.

Exemples : Paris vaut bien une messe (Henri IV) ; l’État, c’est moi ! (Louis XIV).

 Corrélats : un proverbeune maximeune sentenceun dictonun aphorismeun précepteun apophtegmeune locution proverbialeune penséeune deviseun slogan.
 Les proverbes français expliqués.

Apostrophe (n.f.)

Figure par laquelle l’orateur, au milieu de son discours, se détourne de son public pour s’adresser à quelque personne ou objet particulier. L’apostrophe peut prendre pour objet les êtres présents ou les absents, les vivants ou les morts, enfin des êtres animés ou inanimés.

Exemple : Hé! bonjour, Monsieur du Corbeau| Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! (La FontaineFables ; le Corbeau et le Renard)

 L’apostrophe : définition et emploi.

Assonance (n.f.)

C’est la répétition du même son-voyelle. Elle instaure des échos entre les mots et installe des correspondances de sens entre eux. Ce peut être aussi la répétition de la dernière voyelle accentuée dans des vers qui se suivent. L’assonance a été employée par les premiers poètes français (Moyen Âge) avant la généralisation de la rime. (voir aussi l’allitération).

 La versification.
 Le genre poétique.
→ Genre littéraire : la poésie.
 La rime (étude détaillée).

Autobiographie (n.f.)

Le mot « autobiographie » est formé de trois racines grecques: « graphein » (écrire), « bios » (vie), « autos » (soi-même). Comme le montre l’étymologie, c’est le récit rétrospectif qu’une personne fait de sa propre existence. À la différence des mémoires, qui insistent avant tout sur l’époque historique à laquelle l’auteur a vécu, l’autobiographie insiste sur l’histoire individuelle. (Les Confessions de Rousseau.)

Les Mémoires.
L’autobiographie.



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